Comme je l’ai déjà dit, je suis actuellement en train de refaire le programme de Julia Cameron, Libérez votre créativité, et je dois dire que cette deuxième fois était assez nécessaire pour aller chercher des couches de blocages encore plus profondes, que je n’avais pas forcément pu toucher la première fois car il y en avait d’autres qui les masquaient.
Il faut dire également que beaucoup de choses ont changé ces derniers mois, pas assez à mon goût sur le plan concret mais à l’intérieur, cela a pas mal bougé, et j’ai fait remonter beaucoup de blessures, beaucoup de blocages dont je n’avais pas conscience, et mine de rien, que ce soit avec les pages du matin ou avec les exercices de la semaine, j’ai l’impression que Julia Cameron vient m’aider à nettoyer tout cela.
La première fois que j’avais fait le programme, la première semaine m’avait laissée assez dubitative et peu convaincue, même si j’ai persévéré pour finalement y trouver beaucoup de ressources.
Là, la première semaine est venue me cueillir à la racine. Et la deuxième également.
Dès le début de la première semaine, Julia Cameron utilise le concept d’artiste fantôme : celui qui reste proche de l’art, mais ne le pratique pas. J’avais déjà identifié que je m’étais comportée comme une artiste fantôme par le « choix » de mon travail alimentaire, mais cela m’a percutée violemment que c’était exactement comme cela que j’avais agis avec le blog dans ses débuts où il était presque exclusivement littéraire : j’étais proche de l’art et de l’écriture mais je ne faisais que tourner autour, m’en approcher, je me gavais (et c’était vraiment le mot) des œuvres des autres, le blog me permettait de fréquenter des écrivains mais moi, je ne m’autorisais pas à l’être.
S’ajoutait à cela le fait que j’avais profondément ancrée en moi cette idée que ce que j’écrivais n’intéressait pas les autres : mes « camarades » au collège et au lycée ne cessaient de se moquer de moi, de mon imagination, de mon univers, ils m’estimaient inintéressante et indigne de leur attention. Alors, je me retranchais derrière les livres des autres.
Depuis, le blog a évolué avec moi. Parce qu’à un moment, j’ai cessé de faire comme Juliette qui « avait beaucoup lu, mais rien vécu ».
Bien sûr, la lecture est toujours une activité importante pour moi, mais ce n’est plus une addiction comme ça a pu l’être : je lis moins, je fais beaucoup d’autres choses, et c’est de cela dont j’ai envie de parler aussi, avec mes mots. Même si ça n’intéresse pas tout le monde, je le sais.
Bien sûr, le processus s’était fait en quelque sorte de lui-même : d’un blog littéraire, je suis progressivement arrivée à un blog style de vie où je parle de tout, y compris de littérature, mais aussi d’écriture.
Pourtant je n’avais pas conscientisé le processus, je ne m’étais pas rendu compte qu’à un moment, plus une période qu’un jour précis, j’avais décidé de m’autoriser à ne plus être un artiste fantôme, et c’est une prise de conscience qui m’a fait beaucoup de bien.









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