Je ne sais pas trop pourquoi mais depuis quelques années j’ai une véritable obsession pour ces petites maisons décoratives que l’on trouve aux alentours de Noël et qui, chez moi, font partie de la décoration pérenne : simplement, aux périodes sombres, elles retrouvent leur rôle premier de photophore.
Je pense que cela en dit beaucoup, après toute une vie à refuser de me poser, de m’attacher, de m’installer, sur mon désir actuel de m’enraciner quelque part. Avoir une maison, home : un foyer, là où on a chaud, où on est nourri, où on est en sécurité, moi qui avait toujours pensé que je n’étais en sécurité que dans la fuite.
Cela doit venir de mes ancêtres, par réaction : aussi loin que j’ai réussi à remonter dans mon arbre généalogique, soit le XVIIIe siècle pour certaines branches, je n’ai que des paysans limousins nés et morts dans le même village, ou, tout au plus, celui d’à côté. Qui n’ont jamais rien vu d’autre que leur clocher local. Pour moi, avoir une maison a longtemps été synonyme d’ensevelissement.
Et c’est amusant parce que je viens de réaliser que c’est aussi le choix de mon personnage d’Adèle, dont j’espère pouvoir vous offrir l’histoire d’ici un an : rester ensevelie dans la sécurité de ce qu’elle a toujours connu, ou partir à l’aventure. Choix d’autant plus difficile pour une femme du début du siècle dernier.
J’ai longtemps fait le deuxième choix, même si d’un autre côté ma vie m’a quand même pas mal empêchée de bouger autant que je l’aurais voulu. Mais, parfois, il me prend l’envie d’une petite maison. Déménager une dernière fois et m’installer définitivement.
En attendant, je collectionne les petites maisons, version miniature de celle que j’aurai peut-être un jour…









Un petit mot ?