Petite géométrie des parfums, de Brigitte Proust

Même si les nuances colorées ne sont pas perçues de la même façon par tous, nous distinguons sans ambiguïté la couleur jaune de la couleur rose ; ces mots sont aussi des noms, on dit « le jaune » ou « le rose ». En revanche, quelle que soit la langue, il y a peu de mots spécifiques pour décrire une odeur ; elle peut être perçue comme agréable ou désagréable, mais, si l’on veut préciser, on doit élaborer tout un discours en désignant une ou plusieurs sources odorantes. On dit, par exemple, que cette fleur a une odeur de citron jaune (source odorante), mais on ne dit pas qu’elle a une odeur « citron jaune ». Une autre caractéristique est que, quelle que soit l’odeur, sa description n’engendre aucune sensation olfactive : l’odeur est un phénomène à sens unique.

L’odorat est un des sens les plus importants pour moi, une des sources de mes plus grandes joies : lorsque je me promène, mon nez remue comme celui de Samantha dans Ma Sorcière bien-aimée, non pas pour faire de la magie, mais à la recherche d’odeurs agréables, de fleurs dans lesquelles je vais m’enfouir un long moment pour les respirer. Je suis maniaque des bougies parfumées, je cultive des aromatiques sur mon balcon essentiellement pour le plaisir de froisser leurs feuilles et de les sentir, et j’ai longtemps été une collectionneuse d’objets de parfum ; si j’ai arrêté d’écumer les salons spécialisés, c’est par manque de place pour mes trésors et non par perte d’intérêt. Bref : les parfums, cela me passionne, et lorsque je suis tombée sur ce petit essai, j’ai tout de suite envie de voir de quoi il retournait, impatiente d’apprendre de nouvelles choses.

Et, de fait, j’ai appris beaucoup de choses : il s’agit d’un ouvrage scientifique, et en le feuilletant les schémas moléculaires m’ont légèrement effrayée, mais en réalité, il est assez accessible et il n’y a que peu de développements qui m’ont perdue. J’ai donc appris, entre autres choses : le fonctionnement de l’odorat, la structure moléculaire et son rôle dans la captation de l’odeur, pourquoi certaines odeurs nous parviennent et d’autres non, la structure d’un parfum (que je connaissais déjà en soi, mais sans connaître le rôle des molécules), le rôle des « mauvaises odeurs », les phéromones, les différentes méthodes d’extraction d’une odeur en parfumerie, comment sont créés les parfums artificiels, et plein d’autres choses absolument passionnantes.

Les chapitres sont courts, clairs, accessibles, on est dans la vulgarisation scientifique au sens noble, c’est-à-dire que l’autrice cherche réellement à mettre les connaissances à la portée de tous, et elle ne dédaigne pas de faire aussi appel à la philosophie et à la poésie. Cela donne donc un petit essai passionnant et stimulant, qui nous apprend beaucoup de choses sur ce sens particulier qu’est l’odorat : je suis donc ravie d’avoir un peu forcé ma nature, qui me pousse habituellement à fuir les ouvrages scientifique, car cela en valait réellement la peine !

Petite Géométrie des parfums (lien affilié)
Brigitte PROUST
Seuil, 2006 (Points, 2013)

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Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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