Il n’y a pas d’autre force dans le monde que l’amour, et lorsque vous le portez en vous, lorsque vous aimez, tout simplement, même si vous êtes perplexe et vous demandez comment vous servir de l’amour, son rayonnement va vous aider, vous, et au-delà de vous : on ne doit jamais perdre cette foi, on doit simplement (et s’il n’y avait rien d’autre que ça !) avoir confiance en lui !
Lorsque j’ai vu ce livre ce livre l’autre jour dans les mains de Jessica Troisfontaine (dans une de ses story), je me suis dit qu’il me le fallait absolument : je tiens de Rilke le titre de mon roman L’Aimante, tant je trouvais que cette figure féminine de la dévotion amoureuse correspondait particulièrement à mon personnage – et à son autrice, bien évidemment, ce qui était la deuxième raison pour laquelle je voulais absolument lire cet ouvrage. L’amour est mon sujet, ma religion, et le titre ne pouvait que m’interpeler. Le seul point qui me perturbait est que je ne me souvenais pas d’un tel titre dans la bibliographie du poète – sinon, il m’aurait interpelée avant.
Et c’est on ne peut plus normal, car nous avons ici une anthologie des plus beaux extraits de Rilke sur l’amour : textes en prose, lettres aux femmes qu’il a aimées, et bien évidemment, poèmes.
Rainer Maria Rilke était plus qu’un amoureux de l’amour : il plaçait le sentiment amoureux au centre de tout, et c’était pour lui (aussi) une véritable religion, mais aussi un art, objet d’un soin et d’une attention constants. Aimer est un verbe d’action. Les extraits choisis sont d’une bouleversante beauté, on voudrait tout noter, tout partager, tout retenir, en faire un texte de chevet auquel revenir chaque jour pour s’en imprégner et le méditer. Pour tout dire, il n’a pas fini de me nourrir, de m’interroger, de me faire réfléchir.
Je n’ai qu’un reproche, mais il est de taille, et il ne concerne pas Rilke, mais les choix éditoriaux. Les extraits sont parfaitement choisis, c’est un fait indéniable. Mais. Ils ne sont absolument pas contextualisés, et surtout, on ne sait pas de quelle œuvre ils sont issus, ce qui me semble pour le moins curieux, et surtout extrêmement pénible : j’ai situé certains passages de Lettres à un jeune poète, mais j’aurais vraiment voulu connaître la source des autres afin de pouvoir aller m’y abreuver.
Mais cela reste… sublime.
Il n’y a pas de plus grande force que l’amour (lien affilié)
Rainer Maria RILKE
Edition établie, préfacée et annotée par Micha Venaille
Traduit de l’allemand par Micha Venaille avec la collaboration d’Yvette Wiener
Les belles lettres, 2025









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