Une nuit de Cléopâtre, de Théophile Gautier

Cléopâtre, une figure de femme puissante

Cléopâtre est avec la Reine de Saba une des figures mythiques qui me fascinent le plus. Du reste, elles ont de nombreux points communs. Et parmi tous les récits qui mettent en scène la reine égyptienne, grande séductrice devant l’éternelle, celui de Gautier me plaît particulièrement.

L’argument est un peu le même que celui du russe Pouchkine dans Les Nuits Egyptienne, l’idée elle-même datant d’un pseudo Aurelius Victor qui, dans son Liber de Viris Illustribus Urbis Romae a écrit que Cléopâtre faisait payer de leur vie les hommes qui avaient la chance de passer une nuit avec elle. Propagande augustéenne que tout cela : si Cléopâtre est devenue une femme fatale dans l’imaginaire, c’est en effet à cause des « vils baladins » comme elle les appelle dans la pièce de Shakespeare, inféodés à l’empereur Auguste, pour qui elle incarnait la puissance séductrice d’un Orient menaçant pour la virtus romaine.

La quintessence du féminin

Mais revenons à Gautier. Malgré le point de départ cancanesque de son récit, on sent une grande tendresse pour le personnage, qui se meurt d’ennui dans une Egypte peuplée de momies. Elle est, pour lui, la quintessence du féminin, et malgré le risque encouru, nul doute que si elle le lui avait proposé, il aurait accepté de mourir pour une nuit avec Cléopâtre : « Sur cet étrange oreiller reposait une tête bien charmante, dont un regard  fit perdre la moitié du monde, une tête adorée et divine, la femme la plus complète qui ait jamais existé, la plus femme et la plus reine, un type admirable, auquel les poètes n’ont pu rien ajouter, et que les songeurs trouvent toujours au bout de leurs rêves : il n’est pas besoin de nommer Cléopâtre. »

C’est un récit qui se lit très très vite. Donc que l’on peut relire à satiété, et je le fais souvent. Ce que j’aime, c’est qu’on a là tout le mythe, et Gautier a conscience d’ailleurs d’être dans le stéréotype : il la représente dans son bain, évoque l’histoire de la boisson avec les perles fondues… mais c’est ça qui est magique : malgré la distance, on a réellement l’impression d’atteindre l’essence de ce personnage ô combien mystérieux !

Une nuit de Cléopâtre (lien affilié)
Théophile GAUTIER

Une réponse à « Une nuit de Cléopâtre, de Théophile Gautier »

  1. Avatar de Le mythe de Cléopâtre, à la Pinacothèque | Cultur'elle

    […] du mythe et son ancrage dans l’inconscient collectif, que l’on pense par exemple à Gautier ou à Pouchkine. Enfin, concernant les tableaux, certaines grandes œuvres manquent, notamment […]

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