J’adore quand les gens parlent de leur bureau, de leur espace de travail, et de leur manière de travailler. Et évidemment, voir des photos. Je ne sais pas pourquoi cela me passionne autant, mais une chose est sûre, cela me permet, en même temps, de réfléchir à ma propre manière de procéder, à mon lien avec mon espace. Aussi, lorsque l’autre jour Emma Gannon et India Knight ont crossposté une newsletter sur le sujet, avec un questionnaire, j’ai eu envie de le reprendre et d’y réfléchir.
1. Qu’est-ce qui te sert de bureau (le meuble) ?
Dans mon précédent appartement, je n’avais pas de pièce bureau, j’avais donc dû caser deux tables pas du tout faites pour dans ma chambre. Lorsque j’ai emménagé dans mon appartement actuel, choisi justement en partie parce qu’il y avait cette pièce que je pourrais consacrer à l’écriture, j’ai mis du temps à l’apprivoiser, à trouver la bonne configuration, et j’ai continué à utiliser mes deux tables, d’abord face à face, puis en alignement, mais ce n’était pas optimal. Il y a un peu plus de deux ans, prise d’une impulsion, j’ai tout refait, et j’ai acheté un grand plan de travail Ikea qui fait presque toute la longueur du mur, et qui me permet à la fois de passer d’un coup de chaise à roulette d’un côté à l’autre, tout en séparant les deux espaces : l’ordinateur et l’écriture manuscrite.
Mon ordinateur est un portable, mais je ne le porte que peu. Chez moi, en tout cas, il ne bouge pas du bureau, je suis incapable, comme le font certain, d’écrire sur la table de la cuisine, sur le canapé ou pire dans mon lit : j’ai besoin de structure. Tout au plus je le transporte sur le balcon lorsqu’il fait très beau, mais c’est rare. Et je ne travaille jamais à l’extérieur de chez moi : j’ai besoin de calme et de silence.
Lorsque je suis en voyage, en général c’est la table de la cuisine qui me sert de bureau, j’y pose mon ordinateur, mes carnets, mon matériel divers et je mange ailleurs. Il arrive cependant qu’il y ait un espace prévu pour.
2. Où est le bureau ?
Il est contre un mur. Je l’aurais bien mis devant la fenêtre, mais le radiateur gênait, et de toute façon la vue n’est pas très inspirante, même si j’aimerais, un jour, avoir mon bureau devant une fenêtre donnant sur un jardin. Au-dessus du bureau, j’ai accroché une multitude d’images remplaçant la vue que je n’ai pas. Comble de l’horreur pour les spécialistes du feng shui, je tourne le dos à la porte, mais la configuration du lieu m’empêche de faire autrement : si j’avais mis le bureau sur l’autre mur, ce qui était en partie le cas au début lorsque j’avais les deux tables, le soleil du matin me gêne.
3. Qu’est-ce que tu vois à l’extérieur ?
Comme je l’ai dit la vue n’est pas très inspirante. Je n’ai pas de vis-à-vis immédiat, la vue est dégagée, mais au loin ce sont des immeubles pas très beaux. Néanmoins, si je tourne la tête en faisant attention de ne pas me faire un torticolis, il y a quelques arbres.
4. Comment te sens-tu lorsque tu t’assois à ton bureau ?
A ma place. C’est là que je dois être, et nulle part ailleurs. Immédiatement, l’énergie afflue et je me sens parfaitement en sécurité : mon bureau, dans les deux sens du terme, est ma safe place, comme un cocon.
5. Lorsque tu écris, est-ce qu’il y a des horaires ?
Nécessairement, puisque je suis encore obligée d’avoir un travail alimentaire, ce qui fait que je ne peux pas écrire où et quand je veux, ce qui demande une certaine organisation et de la discipline. Néanmoins je reste assez souple, d’autant que chaque texte a son propre horaire d’écriture. Sur une journée à moi, j’écris les articles de blog et les newsletters le matin (sachant que je ne suis pas capable de me lever tôt si je n’y suis pas obligée par mon travail alimentaire, car ce n’est pas respectueux de mon rythme). Ensuite les textes littéraires (l’écriture « quotidienne » du blog est une sorte d’échauffement) et les recherches, jusque vers 16h. Ensuite je lis, parce que j’en ai besoin pour me nourrir. Après 18h, c’est le journaling et le Truc, qui ne veut pas s’écrire en journée. Mais parfois, j’ai un pic d’inspiration nocturne qui va m’obliger à me relever.
6. Compte quotidien, où comme ça vient ?
J’ai écrit Tout écrivain doit avoir le cœur brisé sur une base de 500 mots par jour quoi qu’il arrive pendant plusieurs semaines, et pour celui-là ça a très bien fonctionné, mais lorsqu’il y a trois ans j’ai voulu faire pareil avec Adèle en me lançant dans le NaNoWriMo, sur une base cette fois de 1500 mots, j’ai failli finir en burn-out et cela m’a bloquée sur le roman. Je pense que 1500 mots, c’était trop les jours où je devais aussi aller à mon travail alimentaire, qui m’aspire toute mon énergie. Je pense aussi que le roman n’était pas prêt. En tout cas, le compte quotidien n’est pas pour moi tant que je n’écris pas à temps plein, c’est certain.
7. Est-ce que tu vas-et-viens, où est-ce que tu restes assise à ton bureau tant que tu n’as pas terminé ?
Je passe mon temps à me lever, aller et venir, parfois c’est comme s’il y avait des aiguilles sur ma chaise qui m’empêchent de rester assise. Je vais me faire du café, un peu de ménage, autre chose. Mais ce n’est pas du temps perdu, parce que pendant que je fais cette autre chose, je continue à écrire en arrière-plan, et lorsque je reviens m’asseoir à mon bureau, tout est beaucoup plus clair. Je dirais que je fonctionne en fractionné.
8. Est-ce qu’il y a des stylos ? Des carnets de notes ? Des images ? Des talismans bizarres ?
Ohlàlà oui ! En bonne maniaque de papeterie, je suis entourée d’une multitude de stylos, et de tout un élevage de carnets qui ont chacun un rôle précis, à l’exception de ceux qui n’en ont pas encore et qui sont très nombreux car j’en achète tout le temps. En phase d’écriture, j’ai notamment un carnet dédié à ce projet particulier avec toutes mes notes, mes idées, mes références etc. J’ai toujours également mon bullet journal ouvert à côté de moi, et mon journal poétique à portée de main.
Pour les images je dis souvent que mon bureau est un moodboard géant, tout le mur au-dessus de moi est donc recouvert d’images variées : tableau de visualisation, d’inspiration, images rapportées de voyages… j’essaie de les changer de temps en temps, pour éviter la lassitude.
Quant aux grigris et talismans, évidemment : un bouquet de fleurs fraîches la plupart du temps, ma collection d’ours et quelques cristaux. En revanche, je n’allume jamais de bougie dans mon bureau, je ne sais pas pourquoi…
9. Y a-t-il un chat ou un chien ?
Non. Malgré l’image tenace de l’écrivain avec son chat, je résiste parce qu’avoir un animal ne correspond pas à mon mode de vie, ce ne serait pas raisonnable.
10. Longhand, Scrivener, Word, Pages, autre chose ?
J’utilise Word, je trouve que c’est l’outil le plus simple et le plus malléable. Je pense que c’est surtout une question d’habitude.
11. Est-ce que tu écoutes de la musique, et si oui quoi ?
Absolument pas, j’ai besoin de silence, la musique me déconcentre, tout comme le bruit en général. C’est la raison pour laquelle je ne sais pas travailler ailleurs que chez moi, je n’arrive pas à me concentrer, et avec un casque ou des bouchons d’oreille, je ne me sens pas en sécurité.
12. Est-ce que tu utilises des applications pour bloquer internet ?
Non, je n’en ressens pas le besoin, aller sur Internet fait partie de ma manière fractionnée de travailler.
13. Est-ce qu’il y a des snacks, du thé… ?
Pas de thé, je n’aime pas tellement ça (si on m’en offre j’en bois, mais je n’en fais pas de moi-même). Je grignote rarement en écrivant. Par contre je suis addict au cappuccino.
14. As-tu une chaise ergonomique ?
J’ai une jolie chaise en velours rose à roulettes. Je trouve les chaises ergonomiques assez laides, donc je n’en veux pas : j’ai besoin que ce soit beau pour me sentir bien.
15. Est-ce que tu portes de vrais vêtements et des chaussures, ou restes-tu en jogging et en chaussettes ?
Comme je l’ai écrit maintes fois, je ne suis pas à l’aise dans les vêtements moches, donc le jogging, ou pire rester en pyjama, ce n’est pas pour moi. En hiver, je suis donc en jean/pull, l’été en robe ou en tunique. Mais rien aux pieds, toujours pieds nus ou en chaussettes (et si vraiment il fait froid, comme le sol est mal isolé, je garde mes Birkenstock Arizona, mais je déteste ça).
16. Gardes-tu ton téléphone dans la pièce lorsque tu écris ?
Oui, il est posé sur un support à côté de moi, mais il est toujours en silencieux, et je n’ai autorisé que très peu d’applications à m’envoyer des notifications.
17. Es-tu parfois interrompue par des humains, et sont-ils les bienvenus ?
Jamais, je n’ai pas d’enfants et je vis seule.
18. Quelle est la première chose que tu fais lorsque tu quittes ton bureau à la fin de la journée ?
J’ai toute une routine de reset. Je quitte pour la première fois mon bureau vers 16h, pour aller lire sur le canapé, et une seconde fois vers 19h : à ce moment-là, la première chose que je fais est de préparer mon repas.









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