Parmi les hommes que j’ai aimés, il y a ceux qui m’ont aidée à écrire, ils accompagnaient le travail de leur seule présence, et puis il y a ceux qui défaisaient mon livre, méthodiquement, jalousement, par des remarques choisies et sous n’importe quel prétexte, phrase après phrase.
Je ne sais plus du tout où j’avais noté ce texte, possiblement un podcast ou un newsletter, mais en tout cas, il m’a tentée. Pour la petite histoire, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver, puisqu’il est d’abord paru en 2013, sous le nom d’Emmanuelle Pagano, qui a depuis repris son nom de naissance, Emmanuelle Salasc.
Difficile de résumer ce Nouons-nous. C’est une succession de fragments, de microfictions, succession d’instantanés, de gestes infimes, de séparations, d’impressions, de souvenirs.
J’ai trouvé ce recueil absolument magnifique. En peu de mots (certains fragments font une phrase), l’essentiel est dit, bouleversant d’une sensibilité explorant toute la gamme des émotions, la joie, le chagrin, la colère, la haine. Il est question d’amour, de lien amoureux, mais tout n’est pas rose. Emmanuelle Salasc s’attache au quotidien, aux frissons de la rencontre, mais aussi à la séparation, la nostalgie des histoires perdues, au désamour. Les relations qui élèvent, et celles qui font chuter, toxiques. Le sublime côtoie le trivial. Un de es fragments préférés, en le développant, aurait eu toute sa place dans le recueil Amour Fou.
Il est, de temps à autres, question d’écriture et d’écrivains.
J’ai eu beaucoup beaucoup de plaisir à me plonger dans ces histoires, à imaginer ce qui n’est que suggéré : la concision est un talent, qu’Emmanuelle Salasc possède indéniablement.
Nouons-nous
Emmanuelle SALASC
POL, 2013 (Format Poche, 2024)









Un petit mot ?