En ce moment, certaines recherches me portent vers l’amour courtois et les troubadours, et en particulier les trobaïritz, les femmes troubadours, dont on parle somme toute très peu. Parmi elles, Béatrice de Die, dont on sait somme toute peu de choses, sinon qu’elle était de haute naissance, et ceci : « La Comtesse de Die épousa Guillaume de Poitiers ; elle était belle et bonne, devint amoureuse du seigneur Raimbaut d’Orange, et fit à son sujet maintes bonnes poésies. » Elle est considérée comme la première des trobaïritz, et sa poésie est particulièrement sensuelle, exprimant sans détour le désir.
C’est l’invention de l’amour, qui s’oppose au mariage : la seule morale et d’aimer, il est la valeur suprême, et tout ce qu’on fait en son nom (l’adultère, les mensonges) est licite. Ce que j’aime particulièrement, c’est le retournement : l’homme devient muse, objet d’amour et de poésie, et la femme créatrice.
C’est ce que je souhaitais partager avec vous aujourd’hui :
Grande peine m’est advenue
Pour un chevalier que j’ai eu,
Je veux qu’en tous les temps l’on sache
Comment moi, je l’ai tant aimé ;
Et maintenant je suis trahie,
Car je lui refusais l’amour.
J’étais pourtant en grand’folie
Au lit comme toute vêtue.Combien voudrais mon chevalier
Tenir un soir dans mes bras nus,
Pour lui seul, il serait comblé,
Je ferais coussin de mes hanches ;
Car je m’en suis bien plus éprise
Que ne fut Flore de Blanchefleur.
Mon amour et mon cœur lui donne,
Mon âme, mes yeux, et ma vie.Bel ami, si plaisant et bon,
Si vous retrouve en mon pouvoir
Et me couche avec vous un soir
Et d’amour vous donne un baiser,
Nul plaisir ne sera meilleur
Que vous, en place de mari,
Sachez-le, si vous promettezDe faire tout ce que je voudrais









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