Il y a deux ans, j’écrivais un article dans lequel j’expliquais que je n’écrivais que chez moi, dans mon bureau. Et que j’étais, surtout, incapable d’écrire dans un lieu où il y avait des gens.
Bien sûr, il m’était arrivé de griffonner quelques notes dans un carnet, attablée dans un café. Mais c’était plus pour l’esthétique que pour l’écriture en elle-même.
Je ne sais donc pas pourquoi, récemment, je me suis mise à emporter mon journal poétique avec moi (ce qui n’arrivait pas depuis que j’étais passée au format A5 : j’ai de grands sacs, mais tout de même), ainsi que mon stylo plume, pour écrire ailleurs. Je n’en suis pas encore à transporter mon ordinateur, mais peut-être que cela viendra (à mon avis, non : mon ordinateur est trop encombrant, et de toute façon je pense qu’à l’extérieur de chez moi je préfèrerai toujours écrire dans mon carnet).
Cela a commencé à l’Aparthé, le petit salon de thé idéalement situé à 500m de chez moi, et où je me sens comme dans un cocon. Un lieu d’ailleurs lié à l’écriture, puisque la première fois que j’y suis allée, c’était comme récompense d’un palier atteint lors de ma désastreuse expérience du NaNoWriMo. Lorsque j’y vais l’après-midi et que je ne rejoint pas une copine, en général je suis seule avec Amine, le gérant. Nous discutons un peu, mais je peux me plonger dans mes pensées et écrire ce qui me traverse, un cappuccino (et souvent une part de gâteau) à portée de main.
(En réalité, j’y pense à l’instant, cela a, comme beaucoup de changements dans ma vie, commencé cet été : j’ai emporté mon journal à la plage, et j’ai écrit face au coucher de soleil. Ce qui est intéressant, c’est que cette déterritorialisation a été permise par le fait que j’avais de toute façon changé la matérialité même du journal – non seulement la manière dont j’écrivais dedans, mais le support, qui n’est plus un Moleskine. Celui que j’ai utilisé cet été était un Amazon Basic* tout simple que je n’avais pas peur d’abîmer, en ce moment je suis en train de terminer un très joli Antoinette Poisson, ensuite je passerai à un Marin Montagut et ensuite je ne sais pas, mais je crois que le fait de ne plus avoir un support toujours identique a modifié quelque chose.)
Et le week-end dernier, à Paris, je me suis essayée à écrire dans plusieurs cafés (dont, évidemment, le Flore parce que n’oubliez pas que je suis une caricature), et j’ai aimé. Ce n’est plus, strictement, du journaling : ce sont aussi des idées pour mes articles (notamment des notes sur les choses vues et entendues, les expositions, des notes en vrac), pour la newsletter ou pour un texte ou un autre.
Cela me plaît beaucoup. C’est très différent d’écrire chez moi, dans mon bureau : c’est toujours ce que je préfère car j’ai besoin de structure et de discipline, mais, de temps en temps, déterritorialiser l’écriture peut donner un vent d’air frais qui fait du bien.
Et comme chez moi, tout est toujours lié à une esthétique, et que si je commence à écrire partout il faut que je m’équipe (la bonne excuse !) mon dernier fantasme, c’est de m’offrir (la prochaine fois que j’irai à Paris ?) un traveller Louise Carmen (j’hésite entre le Honoré et le Roadbook, et j’ai envie de vivre l’expérience de le faire à la boutique plutôt que de commander en ligne) (si la marque passe par-là : je collaborerai avec plaisir). Parce que c’est d’un chic absolu, et que c’est clairement ce qui me manque pour pouvoir davantage écrire d’où je veux (sachant que finalement, je reste très oldfashion : j’aime écrire à la plume, dans des jolis carnets papier).
















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