Les sorcières du phare, de C. J. Cooke

Bof, fait Saffy en haussant les épaules. Pour des tas de raisons. Parce qu’ils étaient misogynes, et parce que le roi Jacques VI avait un ego surdimensionné. Ils devaient surcompenser autre chose. Et puis, à cause de la religion. Le roi voulait que tout le monde obéisse à son système religieux et, à l’époque, il y avait pas mal de païens dans le coin.

Comme je me trouve actuellement, comme souvent en hiver, dans une witch era, j’avais envie de lire un roman parlant de sorcières, pas forcément pour mes recherches mais un peu tout de même, et le hasard (!) est tombé sur celui-là, qui a eu d’ailleurs beaucoup de succès et a obtenu le prix des lectrices en 2025. Et, ma foi, il m’a scotchée et je l’ai dévoré en deux soirées, malgré son nombre de pages conséquent.

En 1998, Olivia débarque sur l’île de Lòn Haven, en Ecosse, avec ses trois filles Sapphire, Luna et Clover, afin de réaliser une étrange fresque à base de runes dans un phare désaffecté qu’on appelle Le Patient et que tout le monde dit hanté et où se sont déroulés de terribles événements liés à la chasse aux sorcières, qui a été en Ecosse particulièrement féroce. Malgré les phénomènes étranges qui se produisent, des enfants qui apparaissent et disparaissent, Olivia refuse d’y croire.

Vingt-deux ans plus tard, en 2021, nous retrouvons Luna, seule rescapée de la famille, sa mère et ses sœurs s’étant volatilisées. Mais un coup de téléphone lui redonne de l’espoir : Clover vient d’être retrouvée. Le problème étant qu’elle a toujours 7 ans, comme le jour de sa disparition, qu’elle porte une marque étrange sur le corps et qu’elle ne se souvient de rien.

Comme je l’ai dit, il est très difficile de lâcher ce roman une fois qu’il nous a ferré, tant il est captivant et particulièrement bien ficelé. L’autrice maîtrise parfaitement la construction narrative, qui fait s’entremêler plusieurs temporalités : 1998, 2021, mais aussi le passé plus lointain, sous la forme d’un vieux grimoire/journal intime, et tout se tient de manière cohérente. Elle maîtrise aussi la mythologie et le folklore écossais sur lesquels ses recherches sont sérieuses et précises, et qui s’ajoutent ici à une histoire de sorcières, et de malédiction. L’ambiance est lourde, inquiétante, parfois très shakespearienne, et j’ai même eu, à certains moments, très peur, même si, comme toujours avec ce sujet, c’est la colère qui a souvent dominé l’ensemble.

En fait, il est très difficile de parler de ce roman (qui est en cours d’adaptation en série) sans en dire trop : ce qui fait qu’on le dévore, c’est qu’on a réellement envie de connaître le fin mot de l’histoire, que l’autrice nous ballade gentiment de surprise en surprise et de fausse piste en mauvaise interprétation, et que la fin est assez inattendue (mais magnifique). Ce fut donc une lecture détente particulièrement réussie, que je vous conseille vivement si la thématique des sorcières et de la chasse aux sorcières vous intéresse. Mais à lire en ayant pas mal de temps devant soi…

Les sorcières du phare (lien affilié)
C. J. COOKE
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marie Ploux
Bragelonne, 2024 (Hauteville poche 2025)

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Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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