La condition de l’Homme est faite d’épreuves, de douleurs physiques, émotionnelles et psychiques, et l’âme se trouve bien souvent muselée, bâillonnée par le mental, les envies, les passions et toutes sortes d’émotions qui régissent le cœur. Vous découvrirez l’impatience, la colère, le chagrin, le désir, la jalousie, le doute, le désespoir, la peur…, des états qui vous sont inconnus ici. Vous découvrirez l’amour aussi et parfois, vous toucherez du doigt ce pour quoi vous êtes descends, et ce à quoi vous devez aspirer : l’union, l’unité de vos deux polarités. […] Vous retournerez sur Terre autant de fois qu’il sera nécessaire jusqu’à ce que vous parveniez à aimer véritablement dans le respect d’une unité parfaite. Cela vous paraît simple vu d’ici. Cela ne le sera pas là-bas.
Parmi les calendriers de l’Avent, il y avait le Fabuleux grimoire de l’Avent dont l’une des cases était un chapitre de ce roman de Céline Colle, paru en 2021, qui parle d’amour, de flammes jumelles et de réincarnation. Ceux qui me connaissent se doutent qu’il n’en fallait pas plus pour me tenter, et en effet je l’ai immédiatement acheté. Pourtant, j’ai un tout petit peu attendu avant de le lire, car j’attendais un signe. Que j’ai eu (et heureusement que j’ai attendu). Et j’ai donc dévoré ce roman.
Au Royaume de la Source Originelle, deux flammes jumelles, Dara et Tadeus, commencent leur parcours terrestre : de vie en vie, elles cherchent à se réunir et à vivre pleinement leur amour, jusqu’à aujourd’hui où, incarnées en Jean et Valentine, elles ont peut-être une chance d’y parvenir. Le roman alterne donc plusieurs temporalités : les différentes vies passées de Dara et Tadeus, leur incarnation présente dont l’histoire s’étend sur de nombreuses années, et les intermèdes au royaume de la Source, où on leur explique les leçons qu’ils doivent apprendre, et ce qu’ils doivent mieux faire la prochaine fois.
Comme je le disais en réambule, j’ai littéralement dévoré ce roman, emportée par les destins des deux âmes. Leur histoire est belle, mouvementée, douloureuse, et elle m’a rappelé bien des souvenirs émotionnels de cette vie et de celles d’avant puisque toutes les histoires ont des points communs. J’ai aimé la manière dont le roman montre qu’il n’y a pas que l’amour : chaque âme doit avant tout trouver son autonomie, ce qui la fait vibrer (pour Dara, c’est l’écriture) et ne pas s’amputer, se sacrifier pour l’autre : chacun doit être entier pour pouvoir aimer l’autre.
Et pourtant. Même si je l’ai lu d’une traite ou presque, je n’ai pas autant aimé ce roman que j’aurais aimé l’aimer. Je connais très (très, très) bien le sujet des flammes jumelles, et certaines choses m’ont chiffonnée : d’abord ce n’est pas toujours très bien écrit, mais passons. C’est surtout, très souvent, un peu simpliste : les chapitres au royaume de la Source auraient gagné à être un peu développés, et surtout à être moins didactiques par moments, et plus explicites à d’autres. En fait, le roman parle de flammes jumelles (pour moi c’est évident à cause de certaines idées et de certains schémas récurrents) mais le terme n’est jamais utilisé, et ne sont jamais abordés les tenants et aboutissants. Pourtant essentiels.
Selon moi, le roman n’est donc pas complètement abouti. Mais il y a pire, et là, attention, achtung, warning, je vais divulgâcher. Cela dit, si j’avais su, aurais-je lu ce roman ? (Pour lire le paragraphe qui suit, mettez le en surbrillance).
Ils ne sont pas réunis dans la matière à la fin. Ce qui fait que oui, j’ai lu le roman d’une traite, mais les dernières pages m’ont littéralement déchirée : je me suis projetée dans le roman, qui était évidemment saturé de signes et que j’ai lu comme un livre de révision avant mon examen final. On imagine donc mon choc à ne pas les voir réunis à la fin. Et le roman se terminant par un nouvel échec. Et je ne vois même pas clairement ce qui leur a manqué : je pense simplement que l’autrice a voulu être « originale » et ne pas proposer la fin attendue. Je vais être claire : je ne vois pas l’intérêt. Le monde n’a pas besoin d’histoires d’amour qui se terminent mal. Le monde a besoin que les flammes jumelles soient réunies. Ou alors, si tel était le choix de l’autrice (et en tant qu’autrice je ne comprends pas mais admettons, ce n’est pas mon roman et je n’aurai qu’à écrire le mien), il aurait fallu au minimum un chapitre de plus.
Bref : je suis finalement assez confuse. Le point positif, c’est qu’avec ce roman j’utilise pour la première fois le tag « Flammes jumelles », sujet qui était le point aveugle de mes réflexions sur la spiritualité et l’introspection : je ne sais pas si j’en reparlerai très vite ou dans longtemps, ni comment, mais je sens confusément que c’est important.
Toutes ces vies ou nous nous sommes aimés (lien affilié)
Céline COLLE
Jouvence, 2021 (Poche, 2023)








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