Faire la paix avec celle que j’ai été

Lorsqu’il s’est agi de participer à la trend « 2026 est le nouveau 2016 », j’ai écrit que je ne ressentais aucune nostalgie pour celle que j’étais alors, même si elle était plus jeune et plus mince.

J’ai écrit :

Je ne voudrais pas revenir en 2016. J’étais plus jeune, plus mince, et j’avais l’air heureux. Et pourtant, je n’étais pas heureuse. Mais je ne le savais pas.

2016 fut, certes, une année tourbillonnante. Beaucoup de sorties, d’événements privilégiés, de rencontres. Beaucoup d’opportunités, qu’avec le recul je me rends compte que je n’ai pas su saisir.

J’écris, beaucoup. Et ça c’est bien.

2016, c’était avant le tsunami qui est venu me submerger l’année suivante, et qui m’a fait réaliser qu’en fait, ma vie était vide et que je passais mon temps à faire semblant. A jouer un rôle qui n’était pas pour moi.

Les années qui ont suivi ont été difficiles. Je me suis pris de plein fouet la crise du milieu de vie. Je suis descendue au fond des gouffres. J’ai gravi des montagnes. J’ai pleuré des océans.

Surtout, mon cœur s’est dégelé, et remis à battre.

Si je fais encore semblant, au moins, je le sais. Et d’ailleurs, en ce début d’année 2026, j’y parviens de moins en moins.

Alors, même si j’étais plus jeune et plus mince, je n’ai aucune nostalgie pour 2016.

Mais j’ai peut-être été un peu vite en besogne pour me débarrasser de ce moi ancien dont je ne voulais plus. Mais qui avait, peut-être, encore des choses à me dire. Comme un fantôme que l’on traîne accroché à son ombre, et qui ne veut pas disparaître tant qu’on n’a pas fait la paix avec lui. Tant qu’on ne lui a pas pardonné ses erreurs, et remercié pour ce qu’il a fait de bien. Ce qui est, soyons honnête, plus difficile lorsqu’on a l’impression que ce moi passé n’a pas fait grand chose de bien.

Oui, parfois, on voit tout en noir.

Je traverse actuellement une zone de turbulences. Encore une. C’est périodique : je suis une plutonienne, et régulièrement je dois plonger dans les profondeurs pour affronter mes ombres, traverser le labyrinthe en quête de mon Minotaure, espérant, chaque fois, que ça sera la dernière. Elle ne l’est jamais. Mais cette plongée est compliquée parce que je suis partie d’assez haut.

Cela remue à la surface, mais surtout dans les profondeurs.

Un événement, début janvier, m’a plongée dans la confusion, l’agitation, l’anticipation. C’était plutôt bien, mais je ne sais pas pourquoi, cet événement a été suivi de multiples contrariétés bénignes individuellement mais qui, cumulées entre elles et à la grosse épine fichée dans mon pied depuis tant d’années ont lancé mon mental dans sa roue et ont fait remonter vieilles colères mal calmées et rancœurs empoisonnantes, parce que je sens qu’il est temps de tourner la page et de passer à autre chose. De faire un grand ménage par le vide afin de pouvoir, enfin, me réinventer.

Colère contre moi, plus que contre les autres, à vrai dire. Colère d’avoir fait des choix dont j’ai l’impression aujourd’hui qu’ils m’enferment. Qui empoisonnent mon quotidien. Des regrets, aussi, de ne pas avoir imposé certains de mes choix. D’avoir fait certaines choses trop tard. D’avoir laissé filer les années en les subissant plus qu’en les vivant.

Mais je ne peux pas avancer en m’en voulant. Parce que, lorsque j’ai fait les choix que j’ai faits, même s’ils me navrent aujourd’hui et même si lorsque je les ai faits c’était parfois en sachant parfaitement que ce n’était pas les bons et qu’ils me rendraient malheureuse, j’ai fait ce que je pouvais. De toute façon, je ne peux pas savoir où m’auraient menée d’autres choix.

Surtout : ce mauvais choix (il y en a un surtout bien sûr qui abîme tout le reste) m’a tout de même apporté quelque chose de joli.

Elle a semé des graines qui aujourd’hui veulent pousser. Elle a aimé, s’est parfois abîmée mais elle a appris.

Alors aujourd’hui je voudrais parvenir à pardonner à la jeune femme puis à la femme que j’ai été, et la remercier parce que, malgré tout, elle a fait ce qu’elle a pu, elle s’est battue, elle a avancé et c’est grâce à elle que je suis là aujourd’hui.

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Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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