La joie, en fin de compte, est une conquête de l’esprit ; elle permet à l’âme de livrer son chant. Pour être authentique, durable, indéfiniment transmuable dans le temps en une élévation proprement spirituelle, il faut qu’elle soit expression de la vie ouverte. Oui, la vie ouverte, voilà le critère simple, mais indispensable, pour mesurer la valeur de la joie.
La joie est un de mes sujets de recherche et de réflexion actuels. J’essaie d’en cerner les contours, le jaillissement, et de construire ma propre philosophie de la joie. Aussi la semaine dernière, lorsqu’en revenant du marché le panier plein de bonnes choses et de fleurs colorées et odorantes, remplie de joie, je me suis arrêtée dans ne librairie et que j’ai avisé ce petit livre de François Cheng, je me suis dit qu’il tombait parfaitement bien. Et je l’ai mis lui aussi dans mon panier avant de revenir, sautillante, chez moi, et de m’y plonger avec délectation.
« Livre » est peut-être un grand mot : un fascicule, plutôt. Mais de belle facture : du papier ivoire très épais, une mise en page soignée et aérée. En fait, il s’agit de la version revue et corrigée d’un article paru dans le Figaro le 26 décembre 2009, en écho à l’œuvre de Kim en Joong (même s’il n’est jamais cité), et s’inscrivant plus largement dans le dialogue fécond qu’entretiennent le poète et l’artiste (que je découvre à l’occasion, et qui m’a offert une très jolie synchronicité) depuis quelques années.
Et le seul mot qui me vient est : lumineux. Je regrette d’ailleurs que les œuvres de Kim En Joong ne soient pas mieux mises en valeur avec le texte sublime de François Cheng, qui résonne magnifiquement dans l’âme et le nourrit.
Un bel objet, à laisser en vue dans la bibliothèque, ou à offrir.
La Joie (lien affilié)
François CHENG (en écho à une œuvre de Kim En Joong)
Editions du Cerf, 2010








Un petit mot ?