La fin, le début

La fin, le début

Vendredi dernier, je suis allée prendre mon goûter à l’Aparthé pour la dernière fois. L’Aparthé, pour ceux qui ne suivent pas, était un petit salon de thé minuscule et cosy près de chez moi, où j’avais pris l’habitude d’aller boire un capuccino et manger une délicieuse pâtisserie faite par Amine au moins une fois par semaine, seule ou avec une amie. Parfois, j’y ai écrit. C’était devenu un peu mon quartier général, et cela me faisait beaucoup de bien d’y aller : l’hiver, j’ai tendance à rester enfermée chez moi, dans ma grotte, et cette année, pour la première fois, j’ai réussi à m’obliger à sortir pour ce rendez-vous et, ma foi, je pense que cela a fait bouger certaines lignes dans mon quotidien. Et dans mon écriture : je n’y écrivais que dans mon journal, mais écrire à l’extérieur de mon bureau a eu, je crois, beaucoup de vertus. Et sortir, voir du monde.

Mais voilà, l’Aparthé ferme, et je me retrouve en quelque sorte orpheline. Je perds mon refuge, mon cocon. Et je perds, surtout, un rituel : celui du goûter du vendredi. Je suis donc assez nostalgique et triste. Parce que je n’aime pas que les choses, les lieux, les gens auxquels je suis attachée disparaissent de ma vie. Personne n’aime ça, évidemment. Mais niveau nostalgie, je crois que je suis une championne hors catégorie, parce que je m’attache à peu près à tout ce à quoi il est possible de s’attacher : je n’arrive pas à jeter ma dernière branche de mimosa de l’hiver, qui trône, fossilisée, sur ma table basse.

Vais-je me mettre en quête d’un nouveau lieu ? Le fait est qu’on arrive à la saison des terrasses, et que la transition sera plus facile : le vendredi, je prendrai mon carnet pour aller m’installer sur l’une ou l’autre des terrasses du centre-ville, après avoir fait un tour au marché, et ça sera très bien. Moins bien : je ne serai pas connue en habituée et accueillie comme faisant partie de la famille, mais enfin, ça sera agréable quand même. Ensuite, il y aura l’Italie, les vacances d’été, je serai ailleurs.

Mais lorsque la bise sera venue, je serai fort dépourvue (oui, je dramatise) : nul cocon, nul endroit chaud et réconfortant où déguster un cappuccino et un petit gatô.

Et en même temps, il y a une petite voix dans ma tête me dit qu’on n’y est pas encore, qu’un million de choses peuvent se passer d’ici-là.

En fait, je ne sais pas trop pourquoi, je lie cet événement à un autre, survenu début janvier, et qui bouleverse toutes mes perspectives. Parce qu’il ouvre un nouveau chapitre.

Cet événement, je savais qu’il arriverait un jour : non parce que les cartes me l’avaient dit (mais, elles me l’avaient dit), mais parce que je le savais au fond de moi. Je l’ai toujours su. Simplement, je ne savais pas quand il surviendrait. Alors je vivais ma vie, sans attendre.

J’étais convaincue que ça se passerait d’une certaine manière. J’avais imaginé la scène mille fois, pour mieux la manifester. Et j’étais convaincue que, tout de même, l’Univers m’enverrait des signes pressants pour que je ne sois pas trop surprise. Pas surprise que ça arrive : surprise que ça arrive à ce moment. Bien sûr, il y a eu des signes : des ours, toujours, peut-être plus que d’habitude. Des cartes de Tarot que je ne tire jamais. Mais enfin, globalement, c’était inattendu.

C’était un jour comme un autre, j’avais même passé une plutôt mauvaise journée et j’étais de fâcheuse humeur. Comme quoi, la loi de la vibration se trompe parfois. Et, c’est arrivé. Et avec, la preuve que j’avais raison, non d’attendre, mais d’y croire. Malgré toutes les raisons de ne pas y croire. Toutes les évidences. Tous ceux qui me disaient que ce n’était pas possible.

(Et je vous assure que lorsque se produit quelque chose en quoi vous avez toujours cru, l’incrédulité domine toujours).

Je ne sais toujours pas pourquoi, dans ma tête, dans mon cœur aussi, j’associe les deux choses. La fin, le début. Peut-être parce que, quelque part, il y a l’idée que parfois les choses disparaissent de notre vie pour faire de la place à autre chose (même si, dans le cas présent, je ne vois pas bien le rapport). Peut-être simplement la temporalité. Ou, peut-être, parce que perdre un endroit qui m’est cher à Orléans est le signe que mon purgatoire ici est enfin terminé, depuis le temps que, ça aussi, je ne cesse de l’annoncer ?

On verra. Je suis confiante. Un peu nostalgique et triste, mais confiante.

Une réponse à « La fin, le début »

  1. Avatar de lizagrece
    lizagrece

    Tu as encore une partie du printemps et tout l’été pour trouver ton cocon hivernal et peut être que l’Aparthé sera repris ? Qui sait ?

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Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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