Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.
Une journée, le 20 mai. Une ville, Paris. Deux êtres en errance, deux destins parallèles qui se croiseront peut-être.
Mathilde, qui depuis huit mois subit le harcèlement moral de son supérieur, et est au bord de craquer. Thibault, un médecin qui vient de quitter Lila, qui ne l’aimait pas comme il l’aimait.
Delphine de Vigan est de ces auteurs qui n’apaisent pas et dont les romans percutent le lecteur comme un coup de poing, et le laissent sans espoir.
Ce roman fait véritablement froid dans le dos : d’emblée on se retrouve plongé dans un univers sombre, angoissant, celui où l’on est prêt à se raccrocher à n’importe quoi pour survivre et entrevoir une petite lueur d’espoir au fond du couloir sombre que sont les jours qui passent et se ressemblent dans la souffrance qu’ils portent.
Une voyante. Une carte jeu de World of Warcraft. Le caractère resserré de l’espace-temps permet la cristallisation des émotions, notamment sur Mathilde puisque Thibault sert surtout de contrepoint, et moins de pages lui sont consacrées. La mécanique silencieuse et implacable du harcèlement moral est parfaitement décrite, extrêmement réaliste, les mots font mouche et sonnent juste pour donner toute l’ampleur de cette jungle urbaine qui broie de l’humain.
Un roman fort, émotionnellement violent comme le sont les situations, bouleversant, mais nécessaire.
Les Heures souterraines (lien affilié)
Delphine de VIGAN
Lattès, 2009 (Livre de Poche, 2011)









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