Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires.
Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu’à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr, du spectateur.
Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d’histoire émerger d’une image fixe. Et ça, je trouve que c’est un phénomène magnifique. (David Lynch)
Jeudi, en me baladant dans le Marais, je me suis dit « tiens, si j’allais voir à la maison européenne de la photographie s’il y a quelque chose d’intéressant à voir ? ».
Il y avait : une exposition de photographies de David Lynch, réalisateur dont l’univers me fascine.
Pas d’images animées ici, mais une série de quarante photomontages en noir et blanc, elle-même subdivisée en séries, qui elles-mêmes parfois s’entrecroisent, intitulée « Small Stories », et spécialement réalisée pour l’occasion. Des têtes sans visages, des corps de femmes, des objets incongrus apparaissant à la fenêtre ou en intérieur…
C’est évidemment très « Lynch« , c’est-à-dire totalement en phase avec son univers cinématographique : inquiétant voire effrayant, onirique, sombre, conceptuel si on veut, complètement barré diront certains.
Et d’ailleurs, au cours de ma visite, je n’ai pu m’empêcher de sourire en entendant une jeune femme dire à l’amie qui l’accompagnait « je n’aimerais pas être dans sa tête ».
De fait, je n’aimerais pas trop non plus, mais j’ai néanmoins été assez troublée par cette exposition, à laquelle j’ai trouvé la beauté du bizarre. Mes deux clichés préférés sont les deux premiers du photomontage : le premier parce que je trouve que ce petit lapin ressemble à un lapin de Pâques Lindt, et le deuxième (que l’on ne voit pas bien, malheureusement) parce que selon moi il est totalement à part, beaucoup plus réaliste, et du coup presque plus inquiétant…
Small Stories
David LYNCH
Maison européenne de la photographie
Jusqu’au 16 mars









Un petit mot ?