Ah ! Je ne dirai jamais assez les charmes de la vie quand on l’aime. La beauté des jours, le trouble des nuits, les vertiges de l’alcool, ceux du plaisir, les violons de la tendresse, l’excitation du travail, la santé, cet incroyable bonheur de se réveiller vivante, avec tout ce temps devant soi, toute cette gigantesque journée offerte avant que le sommeil ne vous fige à nouveau dans une pose mortelle, sur l’oreiller. Jamais je ne remercierai assez le ciel ou Dieu ou ma mère de m’avoir mise au monde. Tout était à moi : la fraîcheur des draps ou leur moiteur, l’épaule de mon amant près de moi ou ma solitude, l’océan bleu et gris, la route américaine, lisse, glissante jusqu’aux studios, les musiques de tous les postes et le regard de Lewis, implorant.
Bonjour Tristesse est sans doute l’un des romans que j’ai le plus relus dans ma vie. Malgré cela, ou plutôt à cause de cela, je n’avais jusqu’à présent jamais rien lu d’autre de Françoise Sagan, par peur d’être déçue et de ne pas y retrouver la magie contenue dans son premier roman. Mais l’autre jour, je suis tombée par hasard sur ce volume, dans un bac de livres d’occasion, j’ai aimé le titre et je me suis dit qu’il était temps…
Dorothy Seymour, la narratrice âgée d’une quarantaine d’années, est scénariste à Hollywood. Une nuit que son ami et futur amant Paul Brett la raccompagne chez elle, ils évitent de peu de renverser un jeune homme qui s’est jeté sous les roues de la voiture. Comme il est blessé, Dorothy décide de l’accueillir chez elle le temps de sa convalescence…
Totalement rocambolesque et assez immoral (mais pas pour les raisons que l’on pourrait croire en lisant le résumé…), ce roman est un vrai délice, langoureux et mélancolique comme la musique d’un violon, et en même temps grinçant, souvent drôle (mais un humour noir) et un peu effrayant.
Et j’y ai retrouvé ce que, pour moi, incarne Françoise Sagan : une vision hédoniste de l’existence, une volonté de profiter de tous les plaisirs qu’elle offre même les plus simples, quelque chose de charnel et vertigineux. Ce que j’appelle la vie inimitable…
Le Garde du cœur (lien affilié)
Françoise SAGAN
Julliard, 1968 (Livre de poche, 1973)









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