La porte de l’appartement s’est refermée sur les souvenirs de presque douze ans de vie et une multitude de fantômes. Je vivrai désormais en face, mais je n’y entrerai plus. Quelqu’un d’autre, bientôt, viendra y construire de nouveaux moments, heureux ou non. Mais heureux, j’espère.
Moi, j’ai fermé la porte au nez de tous ces fantômes qui hantaient encore les murs, en espérant qu’ils ne me suivent pas. Ce n’étaient pas des méchants fantômes, et leur présence n’était plus vraiment pesante au quotidien, mais elle restait toujours palpable parfois, au détour d’une émotion, d’un bruit, d’une odeur.
Comme un flash de mémoire involontaire. Un rêve, parfois.
Ils étaient là, autour de moi. Surtout un. Parti, évanoui, mais dont l’âme restait pourtant accrochée à mes murs comme des tableaux. Une nuit, il y a longtemps, j’avais rêvé qu’il sonnait à la porte. Cette porte n’est plus la mienne.
Déménager, même un peu, c’est aussi faire table rase du passé et se débarrasser de ses fantômes.
Les miens ne vivront plus qu’entre les pages d’un livre, transfigurés en personnages de romans.









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