Sorti sur Netflix vendredi dernier, ce film n’a pu que susciter mon intérêt.
Damien, un Don Juan macho, se retrouve propulsé dans une réalité parallèle suite à une rencontre violente avec un réverbère alors qu’il regardait passer deux jolies filles.
Dans ce monde, les schémas sont inversés : les femmes commandent et les hommes obéissent, ce sont elles qui sifflent leurs proies dans la rue et leur sautent dessus sauvagement, elles sont dures, froides et insensibles, enchaînent les conquêtes quand eux sont désespérément à la recherche de l’amour.
L’ensemble est assez drôle et la découverte par Damien de ce « monde à l’envers » suscite bien des éclats de rire, mais aussi, bien sûr, une prise de conscience de ce sexisme ordinaire et quotidien un peu empoisonnant : en inversant les stéréotypes de genre, on les met au jour, on les pointe.
Mais le problème justement est là : le tout manque un peu de subtilité, et même en les inversant, on reste dans les stéréotypes. J’imagine que c’est voulu, mais le fait est qu’au final, si j’ai ri, j’ai également été profondément mise mal à l’aise, car au bout du compte, on ne combat pas ces stéréotypes.
Les femmes, en gros, deviennent des hommes et elles adoptent les comportements qu’on les accuse d’avoir, infidélité et sexualité agressive. Le monde qui nous est montré devient alors cauchemardesque, pire même que le vrai qui est tout de même un peu plus subtil, en réalité : certes il existe des hommes abominables, mais il en existe aussi qui ne sautent pas sur tout ce qui bouge et qui sont sensibles, ce que je n’ai guère vu chez les femmes dans l’autre monde.
Pire, ce film m’a un peu angoissée, et je me suis dit que quitte à rester dans les stéréotypes, et bien je préférais les nôtres, et que pour rien au monde je ne voudrais vivre dans cet univers inversé où les femmes ont le pouvoir mais ont perdu quelque chose d’essentiel.
Bref, je pense que ce film a loupé sa cible avec moi : bien sûr, il pointe des réalités indéniable, mais appuie beaucoup trop le trait pour susciter une véritable réflexion, d’autant que la fin m’a laissée perplexe.
Bref, une bonne idée à la base, mais qui aurait mérité d’être traitée avec un peu plus de doigté.
A noter que ce film a pour origine un court-métrage qu’Eléanore Pourriat avait réalisé en 2010, Majorité opprimée, et qui reposait sur le même principe d’inversion :
Je ne suis pas un homme facile
Eléanore POURRIAT
2018









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