La sensualité du monde…

L’un des effets les plus évidents pour moi de ce confinement, c’est que je me sens beaucoup plus attentive à ce qui m’entoure, et beaucoup plus finalement dans le moment présent.

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai été aussi déconcertée par l’apparition des pivoines : vu le temps que je passe à observer chaque petit changement dans le jardin au fil de la saison qui avance, je ne comprends pas comment j’ai fait pour ne pas les voir, d’où mon hypothèse magique.

Cette attention est avant tout visuelle, et c’est peut-être un effet aussi de mon atelier photo : je suis tout le temps en train de regarder les choses sous tous les angles, et de photographier. Les lumières, les reflets. Je travaille aussi beaucoup sur les couleurs : essayer d’en saisir les moindres nuances, faire des mélanges de peinture pour avoir ce que je veux.

Plus que d’habitude, j’ai besoin que tout autour de moi soit beau et harmonieux ! Je passe une partie de mon temps à réarranger la décoration, et je pense que le jour de réouverture des fleuristes je vais me précipiter pour m’offrir un bouquet de pivoines !

Mais ce n’est pas seulement le beau : plus que jamais je suis attentive à mes autres sens et à la manière dont ils sont sollicités. Un peu comme lorsque je suis en voyage et que tout est tellement nouveau que tous mes sens sont en alerte.

J’ai besoin que ça sente bon, et je fais un usage certain des huiles essentielles (geranium rosat) en diffusion dans la chambre. L’odeur du linge propre qui sèche, un peu de parfum (j’éprouve le besoin d’en mettre une touche même chez moi, quelque chose de très léger à la verveine et au cédrat, ou l’Escale a Portofino de Dior qui est mon parfum des belles saisons), l’odeur du pot de muguet sur mon bureau, et puis venant de l’extérieur lorsqu’il fait beau et que les fenêtres sont ouvertes la douce odeur du sureau, les roses qui embaument juste sous la fenêtre de ma chambre, une feuille de menthe que j’écrase sous mes doigts, ou le basilic. L’odeur du repas en train de mijoter.

Les sons, c’est moins évident, je sais néanmoins gré à mes voisins de ne pas être bruyants (je pense que certains ne sont pas là du tout, en fait). Mais j’aime à la folie le chant des oiseaux dans le sureau le matin quand je me réveille et puis après tout au long de la journée, le bruit de la pluie, la chanteuse lyrique qui donne de la voix quelques minutes tous les soirs après 20h.

Les goûts, bien sûr. Je crois qu’on en est tous là : le besoin de se faire plaisir avec la nourriture, et là nous arrivons à la saison où les aliments ont tellement plus de saveurs que l’on est ravis avec des plats d’une totale simplicité : des radis avec du bon pain et du beurre, des asperges servant de mouillettes à des œufs à la coque, quelques tomates et de la mozzarella. Un verre de vin frais. J’ai aussi fait des beignets de fleurs de sureau, délicieusement parfumés, dont je vous reparlerai dimanche. Et les fruits : les fraises, les abricots qui commencent à arriver, juteux et sucrés.

Et le toucher : s’envelopper dans un plaid tout chaud et doux parce qu’il fait frais ou au contraire s’offrir à la caresse du soleil, se glisser dans les draps propres et poser la tête sur l’oreiller moelleux, enfiler une chemise soyeuse…

Une des choses que j’essaie de penser à faire, dans la journée, c’est : m’arrêter, et faire le point sur toutes mes sensations, ce que j’ai sous les yeux, ce que je sens, ce que j’entends, quel goût j’ai dans la bouche, quelle sensation sur ma peau ! Cela permet de sortir du mode automatique, d’être vraiment dans le moment présent, et d’apprécier ce qui nous entoure : c’est ce qu’on appelle la pleine conscience et c’est un formidable catalyseur de joie.

Cela permet, aussi, de se reconnecter à son corps, de s’ancrer pleinement dans le vivant, dans le charnel… dans le sensuel, et pour moi c’est absolument essentiel en ce moment.

17 réponses à « La sensualité du monde… »

  1. Avatar de Mind The Gap

    Ici les oiseaux commencent à chanter à 4h45 en ce moment, enfin pas beaucoup, puis c’est calme et ensuite c’est parti pour la journée ou presque !

    Il manque la vue, dans ton bestiaire… 😀

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    1. Avatar de Caroline Doudet

      Ben non, elle est au début, la vue ^^

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      1. Avatar de Mind The Gap

        Ha mince oui, avec la photographie…dis-donc je l’avais pas vue !

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  2. Avatar de Instantané #94 (juste quelque chose de joli) – Cultur'elle

    […] de pertes et de difficultés). Mais avoir un bouquet de fleurs fraîches dans mon entrée, pouvoir les admirer, plonger mon nez au milieu de leurs pétales pour les humer, les caresser, leur parler et leur dire qu’elles […]

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  3. Avatar de La plume et la page

    Je lisais justement un article hier sur la pleine conscience. C’est important de s’arrêter et de faire le point sur nos sensations. Chose que je ne fais que très rarement…

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    1. Avatar de Caroline Doudet

      Moi aussi jusqu’à récemment, et en fait c’est chouette (enfin si on s’arrête à un moment où les émotions sont agréables…)

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  4. Avatar de De la gratitude… – Cultur'elle

    […] de gratitude, qui se cultive, est l’une des plus hautes. Lister chaque soir dans un carnet les bons moments, les jolies choses, la joie, ou tout simplement (enfin, façon de parler) ce dont on ne se rend pas […]

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  5. Avatar de Vibrer comme une immense lyre – Cultur'elle

    […] Synesthésique. Un moment suspendu dont j’ai eu l’impression que oui, il était accordé, il jouait juste. Et que cet émerveillement, c’était là, définitivement, qu’était ma place et ma mission de vie. La beauté, l’harmonie, la poésie, l’amour. La joie, la légèreté. Vibrer comme une lyre. […]

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  6. Avatar de Le rituel de la promenade – Cultur'elle

    […] on est concentré sur son partenaire, ses amis et c’est normal. La solitude nous rend la sensualité du monde. Marcher, méditer, penser. Prendre l’air, se dégourdir les jambes, écouter sa petite voix […]

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  7. Avatar de Ce qui n’allait pas de soi… – Cultur'elle

    […] c’était peut-être alors un mal pour un bien : apprendre à profiter de l’instant présent, je, ici, maintenant, dans une sorte d’épiphanie parfois, à vivre les choses en pleine […]

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  8. Avatar de Accueillir l’été… – Cultur'elle

    […] de l’été, solaire et sauvage, alors j’accueille ma saison, la saison pour moi la plus sensuelle, la plus vivante, celle où mon énergie créative est à son plus haut niveau. A l’heure où […]

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  9. Avatar de Instantané #104 (allongée dans le parc) – Cultur'elle

    […] arbre et les distances et le calme étaient respectés), il faisait très beau mais pas chaud. Tous mes sens étaient en […]

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  10. Avatar de Habiter érotiquement le monde – Cultur'elle

    […] cela est on ne peut plus vrai : la réjouissance des sens est chez moi presque obsessionnelle, j’ai besoin que ce soit beau, que ça sente bon etc. (on […]

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  11. Avatar de Instantané #133 (en couleurs) – Cultur'elle

    […] je suis partie sur les cinq sens. J’ai de manière assez logique commencé par la vue, et les couleurs. Et, pour illustrer, je […]

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  12. Avatar de Vibrer comme une immense lyre – Caroline Doudet

    […] Synesthésique. Un moment suspendu dont j’ai eu l’impression que oui, il était accordé, il jouait juste. Et que cet émerveillement, c’était là, définitivement, qu’était ma place et ma mission de vie. La beauté, l’harmonie, la poésie, l’amour. La joie, la légèreté. Vibrer comme une lyre. […]

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  13. Avatar de Habiter érotiquement le monde – Caroline Doudet

    […] cela est on ne peut plus vrai : la réjouissance des sens est chez moi presque obsessionnelle, j’ai besoin que ce soit beau, que ça sente bon etc. (on […]

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  14. Avatar de Le livre des sens, de Diane Ackerman : jouir du monde – Caroline Doudet

    […] à allier quelque chose d’intime, où on sent la joie de l’émerveillement face à la sensualité du monde, son écriture étant souvent empreinte de poésie, et en même temps des informations précises et […]

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