Vibrer comme une immense lyre

Dimanche je suis allée, pour la première fois depuis le confinement, me promener. Ma promenade du dimanche. Et j’ai fait ma petite tournée habituelle, dans les venelles, pas trop loin de chez moi : c’est ma promenade préférée et puis, il faut bien le dire, à force de ne pas sortir j’ai l’impression d’être très vite épuisée par le moindre effort, je préférais donc ne pas aller trop loin, il faut se réhabituer à l’extérieur, à la promenade.

J’y suis allée à l’heure où tous les gens étaient en train de déjeuner : j’étais seule, c’était bien.

En vrai, au départ je n’avais pas envie d’y aller : depuis le matin je n’étais pas dans mon axe, je me sentais désaccordée ; il faut que je décide certaines choses et l’incertitude ambiante fait que je n’y arrive pas, je ne sais plus ce que je veux (mais toujours ce que je ne veux plus), comment, tout est compliqué et j’ai sans cesse l’impression que ça sonne fauxAlors je n’avais pas spécialement envie de bouger.

Mais je me suis fait violence. Enfin violence, non, mais je me suis un peu secouée, on va dire. Qu’il fallait en profiter, quand même, de ce temps splendide. Alors j’y suis allée.

Et c’était comme dans le poème de Rimbaud : Le Monde [vibrait] comme une immense lyre / Dans le frémissement d’un immense baiser !

Il n’y avait pas que cette liberté retrouvée. Il y avait cette sorte d’épiphanie joyeuse, d’accord, de plénitude. La caresse du soleil sur ma peau et ma longue robe flottant autour de moi, cette impression de légèreté.

Et surtout, les fleurs : cette débauche florale, explosion de formes et de couleurs, du rouge, du jaune, du bleu, du rose, du blanc, et tout ce vert bien sûr, la délicatesse des pétales, le velouté des corolles. Les odeurs enivrantes : j’ai passé ma promenade à m’arrêter pour enfouir mon nez dans les chèvrefeuilles et les roses, respirer ces doux parfums, s’en gorger comme d’un vin fin.

Et parmi tout ça, les insectes bourdonnant s’en donnant à cœur joie au milieu du pollen. Le bruit de mes pas sur le chemin. Les rires venant des jardins.

Synesthésique. Un moment suspendu dont j’ai eu l’impression que oui, il était accordé, il jouait juste. Et que cet émerveillement, c’était là, définitivement, qu’était ma place et ma mission de vie. La beauté, l’harmonie, la poésie, l’amour. La joie, la légèreté. Vibrer comme une lyre.

17 réponses à “Vibrer comme une immense lyre”

  1. Avatar de Philisine Cave
    Philisine Cave

    Très joli texte qui à mon avis parle à beaucoup de monde. L’altruisme est aussi gratifiant et donne aussi beaucoup d’énergie positive.

    1. Avatar de Caroline Doudet
  2. […] dernier en allant faire ma première promenade du dimanche depuis des semaines je suis passée devant cette maison. Et vous serez d’accord avec moi : […]

  3. Avatar de La plume et la page

    Il y a certains jours où je n’arrive pas à me secouer tellement je manque d’énergie… Mais quand je réussis à sortir je suis en admiratif devant la nature !

    1. Avatar de Caroline Doudet

      Oui, mais il faut arriver à sortir et en ce moment on n’a pas forcément envie

  4. […] : apprendre à profiter de l’instant présent, je, ici, maintenant, dans une sorte d’épiphanie parfois, à vivre les choses en pleine conscience, et la […]

  5. […] à sa nature profonde, booster son Shen (c’est encore une questions de vibrations d’amour et de joie), se constituer une « plaisirothèque »®, choisir l’optimalisme […]

  6. […] : partager, rendre compte de ce qui me touche, de ce qui m’émerveille, de ce qui me fait vibrer, de ce qui m’inspire, de ce qui me donne de la […]

  7. […] mon carnet pour écrire tout ça, cet émerveillement, cette douceur, cette parfaite coïncidence entre soi et le monde, ce bonheur. L’écrire pour le partager, et qu’il grandisse encore. Parce que […]

  8. […] qu’on appelle le sentiment océanique de ne plus faire qu’un avec l’Univers, de vibrer comme une immense lyre à l’exaltation des sens, en se promenant dans la nature ou en faisant l’amour. Et ce […]

  9. […] peut plus vrai : la réjouissance des sens est chez moi presque obsessionnelle, j’ai besoin que ce soit beau, que ça sente bon etc. (on comprend donc combien je souffre dans mon travail actuel où […]

  10. […] Autant le dire : c’est l’histoire de ma vie. Habiter poétiquement le monde. Vibrer comme une immense lyre. […]

  11. […] important. La joie est avec l’amour la plus haute des vibrations, et on peut la trouver dans les plus petites choses. Elle a à voir avec l’émerveillement. Elle a à voir avec notre enfant […]

  12. […] y a des lieux que j’aime, follement, à Orléans : le jardin des plantes, les venelles, le parc Floral, le domaine de Morchêne, le domaine de la Charbonnière que j’ai découvert […]

  13. […] ce qu’on appelle le sentiment océanique de ne plus faire qu’un avec l’Univers, de vibrer comme une immense lyre à l’exaltation des sens, en se promenant dans la nature ou en faisant […]

  14. […] Autant le dire : c’est l’histoire de ma vie. Habiter poétiquement le monde. Vibrer comme une immense lyre. […]

  15. […] important. La joie est avec l’amour la plus haute des vibrations, et on peut la trouver dans les plus petites choses. Elle a à voir avec l’émerveillement. Elle a à voir avec notre enfant […]

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