Amour et sens de nos rencontres, de Juliette Allais

De l’amour subi à l’amour choisi

Si l’amour est souvent l’espérance de plénitude, d’euphorie et de joie profonde, et même si nous avons du mal à l’admettre, il nous convoque aussi ailleurs et n’est jamais exempt de sentiments violents, sombres, inquiétants : jalousie, envie, possessivité, désir de destruction, de domination. La rencontre avec l’autre est d’abord et avant tout une rencontre avec nous-mêmes, dans la totalité de ce que nous sommes.

Je poursuis mes révisions avant mon examen de fin de cycle, avec ce petit livre dont la première édition date de 2014 et dont je n’avais pourtant jamais entendu parler jusqu’à ce que l’autrice, Juliette Allais, soit l’invitée d’Anne Ghesquière dans l’épisode de Métamorphose de la Saint-Valentin. L’épisode était passionnant, parfaitement accordé à mes sujets de préoccupation, et j’ai donc souhaité approfondir en lisant le livre, qui a été une révélation sur de nombreux points.

L’angle de Juliette Allais, dans son essai, est de montrer que le rôle des relations amoureuses est de nous dévoiler à nous-même dans ce que nous avons de plus intime, de plus profond, et de plus lumineux, et de nous aider à grandir : la relation amoureuse fait pleinement partie du processus d’individuation, et en ce sens, il n’y a rien de négatif dans ce que nous vivons, car ce sont des apprentissages, des étapes qui nous font avancer vers une vie plus harmonieuse et alignée. Inconsciemment, nous choisissons des partenaires qui vont nous transformer (et que nous allons transformer).

Et ça, le couple comme creuset de transformation, c’est le cœur de mon sujet d’écriture, et mes livres de fiction ne parlent finalement que de ça. C’était évident, mais cet essai m’a permis de le formuler plus clairement. On y reviendra donc bientôt.

Dans la première partie, Juliette Allais s’attache à montrer ce qui se passe réellement dans le couple, dont nous avons souvent une vision erronée car nous en ignorons le défi évolutif, ne plaçant au cœur de notre réflexion que la sécurité et le confort ; or, si l’amour et le couple sont si complexes, c’est bien qu’il s’y passe quelque chose. L’autrice va donc montrer ensuite les pièges de la relation amoureuse, et la manière dont nos choix amoureux ne sont pas aussi libres que nous le pensons, en analysant les souffrances et frustrations liées à la relation amoureuse, qu’il y ait évitement de la relation, choix de partenaires qui ne conviennent pas, où relation dysfonctionnelle.

La partie suivante est consacrée aux rouages de la relation amoureuse, afin de mettre en lumière les contraintes et conditionnements qui nous échappent, et de saisir ce qui se joue en nous, en cherchant à comprendre comment et auprès de qui nous avons appris à aimer. Comment s’est construite notre image de l’amour, largement inconsciente, depuis notre venue au monde. Et la manière dont la relation met en lumière notre ombre, et nous permet de progresser dans le sens d’une inclusion de plus en plus large de ce que nous sommes : ce qui nous dérange chez l’autre est souvent ce que nous ne voulons pas voir chez nous, c’est le principe de l’effet miroir.

Ensuite, l’autrice entreprend d’explorer les fondements généalogiques (et psychogénéalogiques) du lien amoureux, de ce qui, dans le roman familial, permet ou empêche une relation amoureuse pleinement réussie, puisqu’à travers nous se revivent d’autres histoires, souvent inconnues de nous mais qui sont pourtant à l’œuvre dans notre inconscient.

Enfin, Juliette Allais nous invite à éclairer nos choix amoureux, et à regarder comment ils nous conduisent, étape après étape, vers nous-même : la relation amoureuse fait partie intégrante du processus d’individuation, en ce qu’elle nous pousse, au contact de l’autre, à évoluer, et nous permet de mieux nous connaître. L’amour peut alors être vu comme une plongée dans ce qui, en nous, a besoin d’être mis en lumière, et chaque relation doit donc être observée dans cette perspective : qu’est-ce qui s’y est joué pour nous. Chaque rencontre peut donc être vue comme un palier, toutes ont leur raison d’être et nous révèlent ce qui reste à « travailler », et on se transforme avec l’autre puisque chacun est impacté. La relation elle-même se transforme, se redéfinit (il n’y a pas besoin de changer de changer de partenaire à chaque palier, évidemment).

Conclusion : l’amour, le couple, c’est un vrai travail, et un défi, qui nous invite à dépasser nos peurs et à repousser nos limites, pour embrasser la transformation. Et chacun peut se demander aujourd’hui : qu’ai-je encore à apprendre ? (Moi c’est : la confiance…).

Encore une fois, on est avec cet essai au cœur de mes questionnements les plus profonds : ce que l’autre nous apporte, comment il nous transforme, mais aussi (ce que nous avons tendance à oublier) ce que nous lui apportons et comment nous le transformons. Grâce à son approche combinant transgénérationnel et psychologie des profondeurs jungienne, illustrée par des études de cas précises, Juliette Allais nous donne les clés pour faire en conscience de nos relations un terrain de transformation. Indispensable !

Amour et sens de nos rencontres. De l’amour subi à l’amour choisi (lien affilié)
Juliette ALLAIS
Eyrolles, 2014/2024

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