Ils rient de bon cœur. Charles Barral adorait faire des plaisanteries, même s’il savait être rigoureux quand il le fallait. Tous deux échangèrent un regard complice et amusé en se disant que, décidément, la journée n’allait pas être de tout repos. Les enfants ne tenaient plus en place ! Il faut dire que c’était le premier jour des vacances d’été, et qui disait vacances d’été disait retrouvailles avec leurs cousins Apolline et Bruno ! Ils étaient impatients d’aller les accueillir à la gare. Ils savaient que les vacances ne commenceraient réellement que quand ils seraient là.
« Je suis sûre que nous allons passer un été formidable ! s’exclama Garance.
— Ouah ouah ! répondit Attila avec entrain, car lui aussi avait hâte de retrouver les deux cousins. »
L’autre jour en vagabondant dans une librairie, je suis tombée sur ce petit volume qui m’a intriguée : que faisait une pile d’exemplaires du Club des cinq au rayon « nouveautés adultes » ? En y regardant de plus près, je me suis rendu compte qu’il s’agissait en fait d’une parodie, écrite par Fabcaro, que cela s’annonçait donc à se tortiller de rire : j’ai embarqué le livre (apparemment, le jour-même de sa sortie), et je l’ai lu dans la soirée.
A se tortiller de rire, vraiment. Le roman illustré reprend les codes de la série de romans pour enfants d’Enid Blyton, dont vous vous souvenez sans doute, même si c’est comme moi très vaguement : ne serait-ce que dans l’apparence extérieure, on s’y tromperait et j’ai d’ailleurs failli m’y tromper. Mais c’est surtout l’histoire qui, bien sûr, nous rappellera des souvenirs.
Les vacances d’été viennent de commencer, et les cinq amis/cousins se retrouvent : Garance et Nathanaël ainsi que le chien Attila accueillent avec joie leurs cousins Bruno et Apolline dans leur grande maison du sud de la France. Mais, dès le premier soir, un dossier confidentiel est volé dans le bureau de Charles Barral, le père de Garance et Nathanaël. Et, bien que les nouveaux voisins soient passés prendre l’apéritif la veille et que le mari ait été surpris à sortir du bureau, les soupçons des enfants se portent immédiatement sur deux Roumains qu’ils ont croisés à la plage.
Cela fait une éternité que je n’avais pas ri comme ça à la lecture d’un livre : ce n’est pas toujours un humour très fin, c’est plutôt du mauvais esprit et du sarcasme, tout est à prendre au minimum au 12e degré et encore je ne suis pas sûre que cela suffise, mais c’est efficace. J’aurais bien aimé avoir un exemplaire de la série originale pour y jeter un oeil en parallèle, parce que le principal ressort comique du livre est que Fabcaro insiste (très lourdement) sur des éléments que l’on reproche aujourd’hui à la série et que j’aurais voulu voir à quel point il exagérait ou non (le principe de la parodie est d’exagérer, évidemment, mais vous voyez ce que je veux dire). Je n’en avais pas sous la main, et je ne me suis donc pas lancée dans cette étude comparée, me contentant de lire le roman comme il venait, éclatant de rire plusieurs fois par page.
Ne manquez-pas ce roman plein d’humour, parfait pour l’été qui arrive. Il y a dans cette lecture un plaisir régressif à ne pas manquer.
Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis
FABCARO
6 pieds sous terre, 2026









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