Au moment où j’écris ces lignes, cela fait plus d’une semaine que j’ai le sifflet coupé par une extinction de voix qui n’en finit pas de ne pas partir.
Or, ne plus avoir de voix, c’est ennuyeux lorsqu’on est bavarde, et surtout quand on fait mon travail alimentaire.
J’ai essayé tous les trucs qui fonctionnent d’habitude : me taire le plus possible, le miel, le lait de poule, j’ai même réussi à voir un médecin qui m’a arrêtée deux jours et m’a mise sous cortisone. Bon, deux jours ce n’était clairement pas suffisant, de toute façon, mais enfin, quoi qu’il en soit : je n’ai toujours pas de voix.
Je me suis alors dit qu’il y avait un truc louche là-dessous. Louche au sens que mon inconscient essayait de me dire quelque chose en passant par mon corps. Ce n’est pas la première fois. En plus, ma carte de la semaine, c’était Tempérance, la carte d’une communication claire et apaisée (oui, j’ai aussi trouvé que l’Univers se moquait un peu de moi, sur ce coup).
Je me suis donc réfléchie dans le miroir de manière assez approfondie. J’ai introspecté. Et trouvé des pistes.
La plus évidente c’est que j’ai tout de même un problème fonctionnel qui m’empêche, concrètement, de faire mon travail alimentaire et que même si cette année cela va plutôt pas trop mal de ce côté-là, toujours est-il que je ne suis pas à ma place.
Il y a aussi le fait qu’il y a des gens à qui je n’ai pas envie de parler, et que ça m’arrange bien de leur dire « je ne peux pas parler, là ».
Il y a quelqu’un qui m’est plus précieux que l’air que je respire mais avec qui la communication est actuellement coupée, et des choses que j’aurais besoin de lui dire (que j’aurais eu besoin de lui dire) mais qui sont restées coincées.
Et puis, en investiguant à l’aide de mes pages du matin, et c’est bien la première fois d’ailleurs que ces pages m’apportent une réponse aussi claire, il y a cette idée, ancrée en moi depuis… des millénaires, sans doute, que je n’ai pas le droit de m’exprimer, ou alors en sourdine pour qu’on ne m’entende pas. Que je dois me taire, ne pas faire de bruit, ne pas me faire remarquer, ne pas donner mon avis.
Or, au moment où cet incident technique s’est produit, je travaillais justement (et j’y travaille toujours) sur ma communication : faire en sorte que ce que j’ai à dire soit davantage entendu. Mais une part de moi résiste, et m’oblige à me taire. Parce que parler est dangereux.
Et en fait, je trouve cela fascinant cette manière dont notre corps nous dit des choses, et nous invite à aller voir un problème dont on n’avait pas conscience pour éviter la censure du cerveau conscient : se bloquer le dos parce qu’on en a « plein le dos », se faire une entorse parce qu’on a l’impression qu’on avance pas… Pénible, mais fascinant.
Cela vous arrive souvent, vous ?









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