L’autre jour, je me suis refermé une porte sur le doigt. Cela ne m’était jamais arrivé, et je ne pensais que cela pouvait faire aussi mal.
Le truc intéressant (enfin : un des trucs intéressants), c’est que c’est arrivé à mon travail alimentaire, et non chez moi où je suis bien et en sécurité (cela dit, chez moi les portes sont moins lourdes, et à part la porte d’entrée je ne les ferme pas, ce qui rend la mésaventure moins probable). Ma première pensée a été que patin de merle, si a présent le bâtiment lui-même m’agressait sauvagement, c’était vraiment qu’il était temps que je parte.
Littéralement, mon travail alimentaire me claque violemment la porte au nez. En me faisant très mal, au passage.
Et puis, au fil des jours, j’ai observé la blessure. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà écrabouillé le doigt comme ça, dans une porte ou avec un coup de marteau, et je ne vous le souhaite pas, mais enfin, voilà. Cela ne fait pas du bien.
Le premier jour, on a l’impression que cela va nous tuer, bon sang. Les jours suivant ça va un peu mieux, à condition de mettre un scaphandre autour du doigt (je n’imaginais pas à quel point, dans une journée banale, on se le cogne souvent, ce doigt). Et je me suis mise à réfléchir à la symbolique du doigt, justement. Ce doigt, l’index gauche.
De manière générale la main, reliée au chakra du cœur, représente notre capacité d’action, de réalisation. Lorsqu’on se blesse à la main, c’est souvent que l’on se sent impuissant, qu’il y a quelque chose que l’on n’arrive pas à faire. La main gauche, plus précisément, est en lien avec la réception et l’amour. Quant à l’index, il peut représenter le désir, mais aussi le jugement, l’accusation, et l’impossibilité d’affirmer son pouvoir personnel.
J’avoue que le fait que mon travail alimentaire me cause une blessure physique aussi signifiante une semaine où mon défi était le 3 d’épées, à savoir justement le ressenti physique d’une blessure mentale et comment la guérir, j’ai trouvé cela extraordinaire (douloureux, mais extraordinaire). D’autant qu’il s’est passé cette semaine-là moult synchronicités allant dans le même sens.
Ce dont j’ai eu l’impression, c’est que, pour guérir une certaine blessure émotionnelle qui me gâche la vie depuis 30 ans, il fallait qu’elle se déplace sur le terrain physique. Qu’elle se matérialise symboliquement pour que je puisse la voir et m’en débarrasser.
Et donc j’en étais là, avec mon doigt en capilotade, qui ne me faisait plus mal, sauf quand j’appuyais, du coup je n’appuyais pas (vous connaissez la blague : « Docteur, j’ai mal là quand j’appuie – Et bien, n’appuyez pas »).
C’est le propre des blessures émotionnelles : on n’évite d’appuyer dessus en se protégeant. De l’amour, par exemple. Mais la blessure est toujours là, prête à se réveiller, tant qu’on ne fait pas ce qu’il faut pour évacuer ce qui s’est accumulé et fait mal quand on appuie.
C’est ce que j’ai fait.









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