Toute ma vie, je me suis demandé quelle était la meilleure manière de vivre l’amour. Avec la même personne, avec des personnes différentes ? Est-ce en restant ensemble tous les jours, et même isolés, comme Carine et toi pendant votre voyage ? Ou en ayant chacun sa vie, sans habiter ensemble ?
Comment maintenir l’amour vivant et passionnant au quotidien ? A certaines périodes j’ai pensé qu’on pouvait aimer deux personnes à la fois. A d’autres, il m’était impossible de le concevoir. L’exclusivité — se consacrer l’un à l’autre — représentait l’union suprême à mes yeux, la seule chose en amour qui vaille la peine.
C’est un fait : en ce moment, je ne lis que très peu de fiction. Cela dure depuis des semaines, et je n’ai pas la moindre idée de la raison de ce phénomène curieux. Je commence un roman, qui souvent me plaît d’ailleurs, et bien vite j’abandonne, ne me sentant pas assez nourrie. Cela ne s’est heureusement pas produit avec le nouveau roman de Catherine Balance, dont les précédentes histoires m’avaient occasionné de véritables révélations existentielles.
Dans ce roman, deux personnages qui ne se connaissent pas s’adressent au même homme, qui vient de mourir. Ella, son amour secret, qui a promis de ne jamais révéler leur relation et qui a appris son décès sur internet. Aurélien, son fils pour qui il a été un père intermittent.
A force de fréquenter la tombe de cet homme aimé et de la décorer, chacun à sa manière, se produit ce qui devait se produire : ils finissent par se rencontrer.
Pas de révélation existentielle ici (pour l’instant : elles se produisent parfois à retardement), mais un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, sur des thèmes essentiels que sont l’amour et le deuil. Jamais l’homme aimé n’est nommé, mais à travers le regard de celle qui partageait une partie de sa vie en secret et de son fils, nous avons de lui un portrait en creux assez troublant, qui invite à se poser des questions.
Et j’ai particulièrement aimé le personnage d’Ella, en qui je me suis reconnue non pas seulement parce qu’elle est écrivain, mais aussi pour sa manière de considérer l’Amour (oui, je mets une majuscule !) comme valeur essentielle, quitte à ce qu’il ne soit pas compris et sur le sujet, je dois admettre que le personnage de la psy m’a pas mal mise en colère. En tout cas, ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’une simple histoire de relation extraconjugale !
Quant à Aurélien, sans vouloir en dire trop, il m’a beaucoup touchée également dans son amour pour ce père absent une bonne partie de sa vie, et la manière dont il se construit dans ce vide.
Au final, cela donne un roman très touchant, souvent poétique, qui vise juste et interroge l’amour sous toutes ses formes !
La Promesse du silence (lien affilié)
Catherine BALANCE
Jouvence, 2024









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