Lorsqu’il y a quelque temps j’ai parlé de la méthode Zettelkasten puis du second cerveau et du fait que je continuais à prendre des notes sur des carnets, vous avez été plusieurs à me poser des questions sur le processus lui-même, et j’ai promis un article plus complet, que voici.
J’ai deux carnets de notes (enfin non, j’en ai des dizaines, mais on va s’intéresser plus précisément aux deux qui concernent la prise de notes de connaissances, on va dire) : un carnet pour les lectures (livres, articles ou newsletters), et un carnet pour le tout venant (podcasts, vidéos, voire conversations avec les gens, captures d’écran de contenus sur les réseaux). Ces notes n’ont au départ pas de sujets, elles sont pour la phase divergente du processus créatif : je suis mes envies, mes inspirations, je sème dans tous les domaines qui attisent ma curiosité, sans toujours savoir ce que ça va donner : ce sont les projets « à feu doux ».
1. S’il s’agit d’un livre, je ne prends pas de notes dans le carnet au fur et à mesure. Qu’il s’agisse d’un essai, d’un roman où d’autre chose sur papier, je lis crayon en main. Ce que je vais dire va traumatiser certains puristes, mais pour ma part les livres sont faits pour vivre et je ne les considère pas comme sacrés : je souligne/surligne les passages importants que je veux retenir, je note dans la marge les liens que je fais avec autre chose, les idées qui me viennent, les réflexions diverses ; j’ai aussi des post-it que je colle au début du livre lorsque je commence une lecture, et sur lesquels j’écris mes réflexions plus générales. S’il s’agit d’un podcast, d’une vidéo, d’une conversation, je m’envoie une note vocale sur WhatsApp (je le fais depuis très récemment, mais cela a changé ma vie) ou je prends une capture d’écran.
2. Une fois par semaine, en général le vendredi, je me fais une session « mise au propre des notes », dans les deux carnets. Sur chaque carnet, je n’écris que sur la page de gauche : la page de droite est dédiée aux liens, aux idées, aux réflexions suscitées, et je laisse surtout de la place pour les relectures ultérieures.
Pour les livres, je les feuillette à la recherche des passages marqués et des citations que je veux retenir, et si c’est un essai je veille à bien prendre en note aussi le plan. Si c’est une newsletter (mais je ne prends pas en note toutes les newsletters), je la relis et je prends en note ce qui me paraît essentiel. Pour le reste, je réécoute mes notes vocales (que j’essaie de structurer correctement : au début de chaque note je rappelle la source, et ensuite l’idée à noter).
3. Parfois, certaines de ces notes ont déjà, au moins partiellement, une utilité dans un projet en cours (« à feu vif »), ou ont fait naître une idée (d’article, de newsletter…) et dans ce cas-là je mets une autre note, plus succincte, dans le carnet dédié. Par exemple, j’ai un carnet qui est dédié à l’Escale amoureuse, avec une page pour chacune des éditions des prochains mois. Si dans un livre que je lis, quelque chose vient possiblement enrichir une thématique (mettons, par exemple, un passage de Une femme regarde les hommes regarder les femmes qui parle du « sérieux » de la sexualité, alors que j’ai justement prévu une édition sur le sexe comme activité joyeuse et ludique), je mets une note de renvoi, et au moment où je serai dans la phase d’écriture, je n’aurai plus qu’à chercher au bon endroit.
4. Au début de chaque carnet je fais un index, avec la liste de toutes les ressources. Je ne mets pas de mots-clés, mais je pourrais.
5. Ces notes me servent en premier lieu pour écrire l’article dédié. Ensuite, elles me servent pour chercher l’inspiration : parfois, en refeuilletant les carnets, de nouveaux liens se créent, et de nouvelles idées naissent.
Je ne vous cache pas que cela me prend beaucoup de temps au départ (chaque session de mise au propre me prend bien deux heures), mais cela me permet ultérieurement d’en gagner et d’être plus efficiente. Et évidemment, cela reste mon processus, celui qui me convient, et dans ce domaine, encore une fois, chacun doit trouver le sien, à force d’expérimentations, d’échecs et de réussites.









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