Dans le Tarot de Marseille, la Justice, qui est le huitième arcane majeur, est ma carte de naissance, mais comme j’utilise le système Rider-Waite-Smith, c’est la Force, et la Justice est le onzième arcane.
Cela m’arrange car je n’ai, de fait, aucune accointance avec la carte de la Justice, que je ne tire d’ailleurs jamais ou presque, que ce soit dans mes tirages quotidiens ou dans les tirages généraux (statistiques à l’appui : c’est une des cartes que je tire le moins). Ce n’est pas que je ne l’aime pas, d’autant que c’est la carte de naissance de quelqu’un qui m’est précieux et qu’elle le représente bien : c’est simplement qu’elle ne me parle pas.
Pourtant, je vais bien devoir dialoguer avec elle, puisqu’après La Force en 2023, l’Ermite en 2024 et la Roue de Fortune en 2025, La Justice sera la carte de mon année 2026. Ce qui m’intrigue, m’inquiète vaguement et attise ma curiosité.
Après l’année Roue de Fortune, qui marque le passage de la solitude de l’Ermite à une vie sociale qui reprend en accéléré et marque le pivot dans les changements de vie, l’année Justice vient mettre en lumière de nouvelles décisions à prendre, la nécessité d’assimiler les changements, et la possibilité de contrats, de partenariats, de négociations.
On y reviendra dans le bilan annuel mais mon année Roue de Fortune a pas mal tenu ses promesses : ma vie n’a pas été bouleversée, mais j’ai vécu des changements notables, en particulier sur le plan relationnel, et j’ai le sentiment, en l’achevant, qu’elle m’a donné une grande bouffée d’air frais, que j’ai résolu certains problèmes, et que je suis enfin en mouvement (j’allais dire « en marche » mais c’est tendancieux). Il y a encore du travail pour que je sois alignée (mon mot de l’année), mais il y a un vrai mieux, et l’année Justice est là, justement, pour permettre d’établir l’équilibre et l’harmonie.
La Justice, dans le Tarot, représente à la fois le bilan de ce qui a été fait précédemment, afin de prendre la mesure de nos actions et d’en tirer les leçons, de s’interroger sur la justesse de nos décisions, et les perspectives : la discipline, les décisions sages afin de trancher et de franchir un cap.
Elle est liée à deux autres cartes, qui auront aussi une importance essentielle car ce sont des cartes que l’on ne « vit » pas actuellement (il est mathématiquement impossible qu’elles soient notre carte de vie, et ne peuvent être celle de notre année qu’aux seuils : j’ai vécu la première lorsque j’avais trois ans, et si un jour je suis en année Jugement, c’est que j’aurai atteint l’âge respectable de 102 ans…) : la Grande Prêtresse, qui représente le cheminement spirituel et l’écriture (une carte très importante pour moi) et le Jugement, qui est une sorte d’évolution de la Justice et qui parle de réalisation, de vision, de nouvelle ère. Les deux, la Justice et le Jugement, sont des cartes Karmiques, liées à l’ordre cosmique.
Cela s’annonce, comme vous le voyez, assez intense, et je suis donc allée voir ce qui s’était passé en 2017, la dernière fois que j’étais en année Justice (sans en avoir conscience) tout en sachant que 2017 était une année charnière, une année de grands changements : j’ai d’abord changé de cafetière, puis de voiture, puis finalement d’appartement – et comme souvent les déménagements annoncent des bouleversements encore plus grands, ça n’a pas manqué d’arriver, avec une épiphanie en fin d’année.
En fait, beaucoup de changements s’étaient faits en début d’année, avant mon anniversaire, comme si la Roue de l’année précédente n’avait pas terminé son tour. Ensuite, ça a été plus calme jusqu’en novembre, lorsque la Justice, sous la forme d’un homme (dont le signe astrologique est la Balance et la carte de vie la Justice : ça ne s’invente pas) est venue me bouleverser, dans tous les sens du terme. Pas seulement amoureusement : en fait, il m’a obligée à regarder les choses en face et à remettre en question tous mes choix de vie, et à opérer une révolution.
Je n’en suis plus du tout au même point : mes choix passés, je les regarde avec lucidité, même si malheureusement ils m’enferment encore. 2026 sera-t-elle l’année où je tranche enfin ? Est-ce que je me réconcilierai avec cet homme parce que ça fait tout de même sens mais que bon, la vie, c’est compliqué ?
On verra.









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