En numérologie, mon premier chemin de vie est « Expression et sensibilité ». Mon rôle est de manifester dans le monde une forme d’expression émotionnelle constructive, d’exprimer mes émotions de manière directe, positive et honnête, et d’aider les autres à exprimer leurs émotions.
Et j’ai beaucoup de mal, ce qui a une certaine logique : si c’était facile, ce ne serait pas un chemin de vie. D’ailleurs, ma lune est en Gémeaux : une lune qui parle beaucoup, mais a du mal à s’ancrer dans la profondeur, et peut, mal aspectée, donner des personnes mutiques, qui ne verbalisent pas leurs émotions.
Et c’est particulièrement difficile lorsqu’il s’agit des émotions dites négatives : la colère, la peur, la tristesse, tout cela me déstabilise tellement que je préfère, comme beaucoup de monde, les mettre sous le tapis et les cacher. Les garder pour moi.
Evidemment, cette stratégie a ses limites. En particulier avec la colère : à force de ne pas l’exprimer, elle finit par sortir d’elle-même, et souvent de manière assez peu constructive, comme une cocotte minute qui finit par exploser. Cela m’est arrivé dernièrement : l’expression de ma colère était amplement justifiée, mais aurait mérité d’être davantage maîtrisée.
La tristesse, en revanche, je ne l’exprime jamais. Lorsqu’elle me submerge, je fais semblant de rien. Je suis très douée, d’ailleurs, pour cela : sourire et même rire, plaisanter. Personne ne voit rien. Il n’y a qu’une personne au monde qui pouvait le sentir, je ne sais pas comment il faisait, on aurait dit qu’il était directement branché sur mes émotions. En fait, il était directement branché sur mes émotions. Parfois, il me voyait souriante et joyeuse, exactement comme d’habitude en apparence, il me regardait et me disait toi, ça ne va pas aujourd’hui. Et c’était très perturbant.
Mais à part lui, tout le monde n’y voit que du feu. Pourtant, je ne manque pas dans ma vie de personnes avec qui je me sentirais assez en sécurité pour déposer mes états d’âme, mais je ne le fais que rarement. Quant à ma thérapeute, le souci est que si notre rendez-vous a lieu un jour où je ne ressens pas trop d’émotions négatives, cela ne vient pas.
Je ne pleure que très rarement devant les autres.
Alors il y a le journal poétique, et l’écriture en général, bien sûr : je suis plus à l’aise avec l’écrit qu’avec l’oral. Ce sera toujours le cas. J’écris des lettres aussi, parfois, lorsque j’ai besoin de confier quelque chose mais que les mots restent coincés.
En fait, je crois que le problème, avec les émotions négatives, c’est qu’on ne veut bien évidemment pas les ressentir, et donc ne pas s’attarder dessus. Les nommer, les exprimer, c’est leur donner de la force et de l’importance. Une importance qu’elles ont : on voudrait ne pas les ressentir, mais elles font aussi partie de la vie.
Cette année, j’ai rempli chaque jour mon « pixel mindset« . Un outil que j’ai découvert dans La Méthode Livementor d’Alexandre Dana, que j’ai légèrement modifié et que j’ai collé à la fin de mon Compagnon. Chaque soir, je colorie la case du jour en fonction de l’émotion dominante ressentie. Mais après tous ces mois à le remplir, je viens de me rendre compte que même si j’aime beaucoup cet outil, je pouvais encore grandement l’améliorer, après avoir identifié deux problèmes.
Le premier, c’est qu’au cours d’une journée, on ne ressens pas une seule émotion, mais tout un orchestre. Et il est très difficile, de cet orchestre, d’isoler un seul instrument pour lui attribuer une couleur. C’est plutôt le chaos qui domine. Mais admettons, c’est le jeu : il faut choisir une émotion pour la journée, celle qui reste à la fin lorsqu’on a démêlé les pelotes grâce à l’écriture.
Le second problème, plus ennuyeux, est que par souci de facilité, j’ai réduit la palette des émotions. Deux émotions positives : la joie et la « satisfaction », qui est celle qui finalement domine parce que cela veut tout dire et rien dire, et qu’au final, en 2025, l’essentiel des journées étaient convenables. Trois émotions négatives : la colère (qui revient tout de même souvent), l’ennui (très récurrent aussi) et la tristesse (très peu, finalement). Alors dans les faits, je n’ai pas complètement tort puisque ce sont pour la plupart des émotions fondamentales et qu’il me semblait difficile dans le cadre de mon tableau d’être beaucoup plus précise. Mais c’était un peu dommage.
Comme voudrais travailler sur le sujet, en 2026, approfondir mon travail sur les émotions, mieux les nommer, ne plus les mettre sous le tapis lorsqu’elles sont inconfortables, et les exprimer davantage sans drama, j’ai modifié mon Pixel Mindset que j’ai rebaptisé palette des émotions pour qu’il soit plus précis. Et que j’ai imprimé en A4 pour avoir plus de place.
Je suis partie des émotions de base, et éliminé celles que je ne ressentais jamais (ou si rarement que cela ne vaut pas le coup de leur attribuer une couleur). J’ai supprimé ma catégorie « satisfaction » qui n’était qu’une solution de facilité pour ne pas travailler en profondeur la granularité émotionnelle. Pour chaque émotion, positive ou négative, j’ai choisi trois paliers : léger, moyen, fort. J’ai parfois aussi légèrement modifié la liste des émotions telles qu’elles sont habituellement classées : j’ai mis l’émerveillement par exemple dans la palette de la joie. J’ai enfin fait mon nuancier : chaque grande émotion s’est vue attribuer une couleur, avec plusieurs nuances selon la nuance de l’émotion (légère, moyenne, forte). Certaines émotions n’ont qu’une couleur, et j’ai « inventé » l’émotion d’accomplissement pour bien la mettre en valeur.
Evidemment, une fois que le tableau sera rempli, certaines nuances (c’est le cas notamment pour la colère) ne seront pas perceptibles. Mais moi, je me serai obligée à les nommer. A les distinguer, pour mieux les comprendre. Ce qui est essentiel.
Si vous le souhaitez, vous pouvez télécharger et imprimer ce petit outil pour vous en servir, avec vos propres couleurs et éventuellement en modifiant la liste des émotions :









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