Autrice indépendante : point à presque quatre ans

La semaine dernière, Emma Gannon a publié une édition de sa newsletter The Hyphen où elle expliquait pourquoi, désormais, elle ne publierait plus en édition traditionnelle, et énumérait les avantages conséquents de l’édition indépendante.

Cela m’a donné envie de faire mon bilan personnel, après quatre ans dans le métier d’autrice indépendante, métier qui n’est pas (encore) celui qui paye mon loyer malheureusement, mais qui est, incontestablement, mon vrai métier : celui qui nourrit mon âme et, à dire vrai, celui qui occupe le plus de mon temps (si je prends la totalité de mes activités, et pas seulement l’écriture au sens strict).

Il y a 4 ans, je prenais la décision de publier moi-même mes livres. Aujourd’hui, quel bilan puis-je faire de cette expérience ?

Et bien pour faire simple (mais je vais évidemment développer) c’est la meilleure décision de ma vie, même si elle a aussi quelques inconvénients.

Autrice indépendante : la meilleure décision de ma vie

J’aime avoir pris cette décision, elle est parfaitement alignée avec la personne que je suis et ma manière de considérer le métier d’écrivain. Et ce pour toute une cohorte de raisons :

  • Je reste propriétaire de ce que j’écris : céder ses droits, ce n’est rien d’autre que vendre quelque chose qui est très personnel, et ne plus en avoir le contrôle. J’aime donc le fait que je reste maîtresse de ce que j’écris, et des différents droits, même si dans l’avenir j’en cèderai peut-être certains. Personne ne peut faire avec mes textes quelque chose qui me contrarierait.
  • Le corollaire, c’est la liberté totale. Pour chaque ouvrage, je décide de tout, notamment le titre et la couverture, là où certains auteurs se voient imposer des choses (par exemple des couvertures tout simplement… laides) qui ne leurs correspondent pas pour des raisons diverses. Je décide aussi de mes projets, personne ne va me dire non, ou m’imposer une date de rendu de manuscrit qui ne correspond pas à mon rythme. Je peux publier des romans et des nouvelles, des livres de créativité et de développement personnel, des carnets, ce qui m’appelle au moment où ça m’appelle. Je teste, j’apprends, parfois certains projets ne sortent pas et ce n’est pas grave.
  • Je fais plein de choses variées, et pour moi qui suis multipotentielle et ai besoin d’avoir plusieurs activités, c’est parfait.
  • La temporalité de publication est beaucoup plus rapide, là où dans l’édition traditionnelle le calendrier est a minima à un an. Bien sûr, je prévois à long terme, mais lorsqu’un projet est prêt, je peux le publier.
  • Et bien sûr, j’aime le fait de recevoir une juste rémunération sur chaque livre vendu, et pas simplement un pourboire. C’est vraiment cette question des droits d’auteurs qui me pose le plus gros problème avec l’édition traditionnelle.

Je suis donc parfaitement alignée avec ce choix, même si, et ce sera l’objet de la deuxième partie, il a aussi des inconvénients et des limites.

Autrice indépendante : inconvénients et limites dont il faut être conscient

  • Il faut être conscient que, sauf si on est très connu au départ, il est difficile de vendre beaucoup de livres. Cela tient à plusieurs facteurs, que je suis en train d’essayer de corriger pour certains. Le premier est, bien sûr, qu’on ne dispose pas des ressources marketing d’une maison d’édition. Mais le principal est celui de la distribution : j’ai fait le choix de KDP, et je ne le regrette pas du tout, mais aujourd’hui j’ai envie de le compléter avec d’autres formules, afin que mes livres de fictions soient également disponibles ailleurs, notamment les versions numériques. Et peut-être pouvoir organiser des dédicaces.
  • Il faut aussi être conscient des préjugés, pas tant des lecteurs d’ailleurs, qui ont de plus en plus conscience qu’être auteur indépendant est un vrai choix qui n’augure pas du tout de la qualité des ouvrages, que des libraires, et de tout le réseau du livre en général.
  • Evidemment, c’est beaucoup de travail et beaucoup de casquettes. Il faut écrire le livre, bien sûr, mais aussi s’occuper de toutes les démarches administratives, la mise en forme, la couverture, et tout le marketing. Moi cela me plaît, dans la plupart des cas, car cela me permet de développer de nouvelles compétences, mais cela peut ne pas plaire à tous et surtout, c’est chronophage, et c’est du temps que l’on ne passe pas à écrire. Il est donc évident qu’à terme, j’aimerais pouvoir davantage m’entourer (pour la partie pré-production mais surtout pour le commercial).
  • Cela peut demander des investissements, si on veut vraiment professionnaliser les choses, en faisant appel à des indépendants pour certaines tâches.

Bilan : pour moi, beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients, parce que l’indépendance est ma valeur essentielle, mais il est vrai que je me sens parfois limitée et frustrée, peut-être que je changerais aussi certaines manières de faire avec le temps, on verra. Je pense que le choix entre édition traditionnelle et édition indépendante dépend aussi de la place que l’on donne à l’écriture, et à la vision que l’on a.

2 réponses à « Autrice indépendante : point à presque quatre ans »

  1. Avatar de lizagrece
    lizagrece

    Appartenir à une Maison d’Edition ne garantit aucunement beaucoup de ventes. Quand on est auteur oou autrice inconnu[e] les Maisons d’Edition y compris les plus prestigieuses ne se cassent pas trop la tête pour faire vendre

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Caroline Doudet

      Tout à fait ! Néanmoins, les livres sont tout de même un peu plus visibles !

      J’aime

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Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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