Relire le Petit Prince

Relire le Petit Prince

Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Mardi dernier, j’ai été prise d’une envie subite de relire le Petit Prince. En fait, il s’agissait presque d’une synchronicité, puisque, deux jours après, le livre fêtait ses 80 ans, anniversaire dont je n’avais pas connaissance, en tout cas pas consciemment.

Je l’ai relu dans mon exemplaire de toujours, celui avec lequel j’ai découvert cette histoire lorsque j’avais dix ans.

Et même si je le relis régulièrement, et que j’en collectionne des exemplaires venus de partout, comme Paul Gardner, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas abreuvée à la sagesse de ce petit extra-terrestre hypersensible, qui parle aux renards et est amoureux d’une rose.

Et, comme à chaque fois, j’ai été émerveillée par le talent de Saint-Exupéry (ce n’est pas pour rien que le livre est aussi traduit et lu) et par la philosophie de vie proposée par le livre. Et, comme à chaque fois, j’y ai vu un niveau d’interprétation spirituel de plus. Pas le même que Jean-Pierre Goux, mais je crois que ce qui est intéressant avec Le Petit Prince, et ce qui explique aussi que 80 ans après sa parution il suscite autant d’enthousiasme, c’est sa richesse.

Mon passage préféré reste celui du renard, qui lui apprend ce que c’est que d’apprivoiser et d’aimer.

Que la personne qu’on apprivoise devient pour nous unique au monde, et que l’on a besoin d’elle comme elle a besoin de nous.

Que l’on est responsable de ce qu’on apprivoise, et que l’on doit en prendre soin.

Que l’on ne connaît vraiment que ce que l’on apprivoise.

Que la personne qui nous a apprivoisé peut nous rendre heureux même sans être là, simplement en pensant à elle et en entendant son rire dans les étoiles. Que, grâce à elle, tout devient différent.

Que la rose se défend comme elle peut, avec ses petites épines : elle est maladroite parce qu’elle a peur de souffrir.

Que parfois, apprivoiser c’est accepter de souffrir et de pleurer. Mais on y gagne quand même.

Qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

Que c’est le temps que l’on a passé à prendre soin de l’autre qui le rend si important.

Et, la leçon du puits : les hommes s’agitent dans tous les sens parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils cherchent, alors que c’est si simple : ce qu’ils cherchent, c’est l’amour.

4 réponses à « Relire le Petit Prince »

  1. Avatar de vagabondageautourdesoi

    L’exemplaire de Gallimard sorti depuis peu reprenant les dessins et les brouillons devrait vous plaire, même s’il est cher !

    J’aime

  2. Avatar de lizagrece
    lizagrece

    A dire vrai ce livre me laisse indifférente malgré son succès planétaire. Je fais sans doute exception…

    J’aime

    1. Avatar de Caroline Doudet

      Non, j’en connais d’autres, ne t’inquiète pas 😉

      J’aime

Répondre à lizagrece Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

Bienvenue sur mon site d’autrice et de blogueuse lifestyle, sur lequel je partage au quotidien ma manière poétique d’habiter le monde !