Tous les hommes m’ont quittée…
J’étais pour ma part convaincue d’une chose : par définition l’amour emporte, accapare, renverse, et rien d’autre ne vaut la peine.
J’ai découvert ce titre sur le blog de Lili et je me suis dit que c’était une lecture pour moi. Je l’ai donc lu hier et… je suis totalement déconcertée. C’est rare, mais je ne sais pas trop quoi en dire. Sans doute parce que, à dire vrai, je me suis quand même pris un magistral coup dans la figure et que forcément, ça fait mal. Très mal.
La narratrice, Emma, a environ trente ans, et semble souffrir d’une incapacité totale aux relations amoureuses : « Ce sont les hommes qui m’ont quittée. Les hommes m’ont quittée parce que j’en demandais trop, ou pas assez. Parce que je ne savais pas dissimuler le trouble, ni la fragilité, ou parce qu’au contraire je me tenais trop loin d’eux. Les hommes m’ont quittée parce que j’avais peur de les perdre ou parce que je m’en foutais. Les hommes ne m’ont jamais laissé le temps« . C’est un exemple des nombreuses phrases qui font mouche, et qui semblent vous dire « j’ai été écrite pour toi« . Emma, donc, souffre de manque d’amour, a l’intuition que c’est la chose la plus importante au monde pourtant, mais elle n’y parvient pas.
La souffrance amoureuse
Dans la vie d’Emma, trois hommes passent, à des moments différents : Mark, Ethan, Milan. Trois histoires totalement différentes (j’ai du mal à écrire « histoires d’amour » d’ailleurs, parce que ce n’est tellement pas ça…). Trois histoires où elle souffre. Trois histoires qui, les unes comme les autres, ne sont finalement construites que sur du vent. Alors forcément, quand ça s’écroule… je dois avouer que la première surtout m’a déstabilisée : parce qu’elle y dit tout le manque de l’autre quand il n’est pas là, l’attente, la mise entre parenthèses de sa propre existence, l’impression que les autres ne comprennent pas, l’abnégation. Elle y dit tout, on s’identifie totalement. Alors quand on découvre la vérité… enfin je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler, vous me direz…
Donc c’est un magnifique roman, extrêmement bien écrit, mais extrêmement déstabilisant aussi et pour le coup, je ne suis pas sûre de savoir si j’ai aimé ou non. En tout cas, c’est le genre de lectures qu’on n’oublie pas !
(ah oui et un dernier bémol : je trouve le titre pas vraiment adapté…)
Les Jolis Garçons (lien affilié)
Delphine DE VIGAN
Lattès, 2005 (Livre de poche, 2010)









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