« En racontant la vie de mon père, il est impossible de séparer le réel de l’imaginaire. »
J’ai déjà dit à quel point j’aime Tim Burton, à quel point son imaginaire me parle. Et grâce à Arte, qui nous a récemment offert une rétrospective de ses plus beaux films, j’ai enfin pu voir un des rares qui m’ont échappé : Big Fish.
William Bloom retourne au domicile familial après l’avoir quitté longtemps auparavant, lassé des histoires abracadabrantes de son père Edward. Mais ce dernier est atteint d’un cancer, et son fils souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu’il ne soit trop tard. Il écoute alors l’étrange aventure de sa vie…
Même si ce film reste totalement onirique et déjanté, il est beaucoup plus sobre que le reste de l’œuvre burtonienne : la dimension fantastique, bien que présente, est plus ténue, j’ai presque envie de dire plus poétique.
Moins de monstres bizarroïdes et effrayants à la Beetlejuice (que j’ai revu avec plaisir également), moins d’effets spéciaux hallucinants, plus d’émotions, donc.
Car ce qui est intéressant dans ce film, c’est la manière dont il questionne le réel, en lui demandant finalement qui il est : est-ce que les histoires que nous inventons appartiennent à notre être au même titre que ce que nous avons réellement vécu ? Est-ce qu’il existe, d’ailleurs, une « vraie version des choses » ou tout n’est-il que question de point de vue et de perception ? Est-ce important, finalement ?
Car ce qui importe ici, c’est la vie rêvée, le vœu du personnage de faire de son existence non pas un roman, mais une épopée, et même une Odyssée tant les échos avec l’œuvre d’Homère m’ont parus évidents : le géant et la caverne de Polyphème, les monstres marins, Spectre et ses enchantements comme la grotte de Nausicaa, les Sirènes…
Bref, ce film est un magnifique conte, d’une grande poésie, que je regrette de ne pas avoir vu plus tôt !
Big Fish
Tim BURTON









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