Après avoir lu Les Cœurs Autonomes de Foenkinos, dont les personnages par certains côtés rappellent les mythiques braqueurs de banques Bonnie Parker et Clyde Barrow, j’ai eu (assez logiquement) envie de revoir le film. Et ça tombait plutôt bien, car je l’ai acheté il y a peu de temps.
Pendant la Grande Dépression des années 30, Bonnie Parker, qui s’ennuie dans son métier de serveuse, rencontre par hasard Clyde Barrow alors qu’il tente de voler la voiture de sa mère. Très vite, il lui propose de s’associer, lui apprend à se servir d’une arme, et l’entraîne avec lui dans le braquage de banques.
Si leurs forfaits ne leur rapportent pas beaucoup d’argent, ils deviennent pourtant les criminels les plus recherchés du pays…
Ce qui est fascinant dans ce film, c’est sa légèreté : l‘issue, fatale, sanglante et violente, est connue et attendue. Et pourtant, l’ensemble garde une sorte de grâce insouciante, et l’enchaînement tragique, la machine infernale du destin qui va broyer le couple, est au second plan.
Ce qui domine, c’est l’humour : nombreuses sont les scènes d’une gaieté absolue, où les deux personnages ressemblent plus à des enfants qui jouent au gendarme et au voleur (surtout au voleur) qu’à des criminels tueurs de flics poursuivis par toutes les polices du pays.
Et c’est finalement ce qui est reproché au film à sa sortie : les héros sont beaux, joyeux, ils s’aiment, et on ne peut que les trouver sympathiques, finalement, surtout lorsqu’au cours d’un braquage, ils laissent son argent à un pauvre homme, car ce qu’ils veulent, c’est celui de la banque. L’idéologie d’ailleurs est évidente : les méchants, ce ne sont pas les voleurs, c’est les flics, la société, les banques qui jettent les gens à la rue. Le méchant capital contre les Robin des bois bohèmes.
Et puis, bien sûr, il y a les acteurs. Warren Beatty, rien à dire, est délicieusement séducteur et sensuel, dandy et bandit à la fois. Quant à Faye Dunaway, elle est tout simplement époustouflante : d’une beauté et d’une sensualité à la fois sauvage et froide, elle apporte au personnage une touche de glamour indiscutable et incarne un véritable style vestimentaire. Car même au cœur de la fusillade et couverte de sang, Bonnie reste incroyablement élégante, son mythique béret sur la tête.
Un film culte, un couple mythique et fascinant, qui encore une fois revisite le motif des amants tragiques.
Bonnie & Clyde
Arthur PENN
1967









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