J’ai longtemps pensĂ© (et c’est partiellement toujours le cas) que mes valeurs essentielles Ă©taient la libertĂ© et l’indĂ©pendance. Mais je crois qu’il y a, aussi, l’autonomie. Les trois termes fonctionnent ensemble : ĂȘtre autonome, c’est ĂȘtre en capacitĂ© de prendre ses dĂ©cisions, de faire ses propres choix, sans avoir besoin de la permission, de l’autoritĂ© ou de l’aide de quelqu’un. C’est ĂȘtre son propre maĂźtre.
Je disais il n’y a pas si longtemps que je ne supportais pas les techniques de « dĂ©veloppement personnel » qui privent les ĂȘtres de leur pouvoir sur eux-mĂȘmes, en leur dĂ©livrant un message et des conseils Ă appliquer, au lieu de leur donner des outils qui leur permettent de se poser des questions, de trouver des rĂ©ponses, et de construire leur propre chemin.
Je ne supporte pas d’ĂȘtre privĂ©e de mon autonomie. Evidemment, je ne suis pas intĂ©gralement autonome, nĂ©anmoins, j’ai un besoin viscĂ©ral de dĂ©cider pour moi de ce qui est bon ou non pour moi. C’est pour cela que je n’aimais pas l’Ă©cole (j’aurais Ă©tĂ© bien dans une Ă©cole alternative ou en enseignement Ă distance).
C’est pour cela que j’ai appris le Tarot, l’astrologie, que je lis Ă©normĂ©ment d’ouvrages thĂ©oriques et que j’ai longtemps rĂ©sistĂ© Ă la thĂ©rapie (mais ça va, ma thĂ©rapeute respecte mon fonctionnement). C’est pour cela que j’ai autant de mal avec mon travail alimentaire : il ne me permet pas d’ĂȘtre autonome.
Mais, aussi, parce que j’ai beaucoup de mal aussi avec les gens qui ne sont pas, eux-mĂȘmes, autonomes et ne sont pas capables de se prendre en charge. Je ne parle pas, ici, de ceux qui ne sont pas en capacitĂ© de le faire comme les enfants ou les personnes ĂągĂ©es ou ceux qui souffrent d’un handicap. Je parle des gens, en gĂ©nĂ©ral. Qui ont besoin qu’on leur tienne constamment la main pour leur dire quoi faire.
Et Ă vrai dire, si cela m’insupporte dans mon travail alimentaire, c’est le gros nĆud que je suis actuellement en train d’essayer de dĂ©faire avec Le Voyage poĂ©tique. Depuis le dĂ©part, mon principe est simple : chacun est le capitaine de son propre bateau, je fournis les outils mais aprĂšs, Ă chacun de se les approprier en toute autonomie.
Et c’est lĂ , finalement, que le bĂąt blesse : est-ce que les gens ont rĂ©ellement envie d’ĂȘtre autonomes ?
Bien sĂ»r, il est souvent beaucoup plus facile et confortable de se laisser prendre en charge. De ne pas se poser trop de questions, et surtout de ne pas chercher les rĂ©ponses. Plusieurs personnes, sans lien les unes avec les autres, m’ont fait justement cette remarque que, dans le domaine du dĂ©veloppement personnel, beaucoup de gens avaient besoin, eux, qu’on les accompagne. Qu’on leur dise quoi faire, quand et comment, et que mes livrets (aussi formidables soient-ils) avaient du mal Ă trouver leur public parce qu’ils Ă©taient effrayants pour beaucoup, parce qu’ils supposaient une prise en charge totale de soi par soi : une fois le livret achetĂ©, et bien il faut s’installer Ă son bureau, se dĂ©gager du temps, s’investir dans les activitĂ©s. Et comme pour moi, ça ne pose aucun problĂšme, ce genre de choses, je n’avais pas compris que cela en Ă©tait un pour beaucoup.
Pourtant, l’autonomie reste une des valeurs de base de mon entreprise. Et je pense que l’une de mes missions, aussi, est lĂ : conduire les gens Ă plus d’autonomie dans leur voyage intĂ©rieur. Parce que, dans ce voyage intĂ©rieur, on est toujours seul, de toute façon.
Mais mon erreur Ă©tait peut-ĂȘtre lĂ : m’adresser directement Ă ceux qui sont dĂ©jĂ autonomes, ce qui est essentiel, mais j’avais oubliĂ© l’autre face : ceux qui ne le sont pas, et ont besoin de plus d’aide pour le devenir. C’est comme ça qu’est nĂ© mon nouveau projet (enfin, un de mes nouveaux projets), qui se veut beaucoup plus « accompagnant », sans pour autant renier mes valeurs. Il n’en est qu’aux fondations, mais il m’enthousiasme beaucoup !
Et vous, Ă quel point vous sentez-vous autonome ?









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