Quand vient la fin de l’été…

Je l’ai souvent écrit, tellement souvent que je pense que cela ne fait plus de doute pour personne : je suis une fille de l’été. J’aime la chaleur, les longues heures alanguie dans mon hamac ou sur une plage, les vêtements légers comme un nuage qu’il n’y a pas dans le ciel, me nourrir d’un rien, de fruits juteux qui dégoulinent sur le menton quand on mord dedans, de pâtes aux coques et palourdes ramassées la veille ou d’un poisson grillé acheté le matin au marché. Les soirées à l’extérieur qui n’en finissent pas. Les couchers de soleils somptueux. Regarder les étoiles. Et ce temps, tout ce temps que le travail ne nous vole pas et que l’on peut consacrer à la lecture, la promenade, la rêvasserie ou la sieste, les moments avec les êtres chers.

Et de tous les étés de ma vie, le millésime 2025 est un grand cru. L’été, je me régénère, je fais des réserves de beau pour tout le reste de l’année, et là, j’ai été servie. Je n’ai presque pas écrit une ligne, il y a même des jours où je n’ai même pas écrit dans mon journal (sauf à Dubrovnik où j’ai écrit des pages et des pages et des pages). Ce qui peut paraître curieux : c’est le moment où j’ai le plus de temps pour le faire, je devrais en profiter, mais non : je laisse reposer la pâte. Je me mets en jachère, je n’écris pas, je vis.

J’ai vécu à fond. Il a fait beau, un peu trop chaud par moments certes mais je supporte mieux la chaleur que le froid et la pluie incessante. Mon voyage à Dubrovnik a été le plus fluide qu’il m’ait été donné de vivre : parfait du début à la fin. Ensuite, le Bassin d’Arcachon, toujours merveilleux. J’ai vu ma famille, des amis, je me suis baignée dans la mer, dans des piscines, dans le jacuzzi, j’ai lu des choses merveilleuses qui m’ont nourrie et donné de nouvelles idées.

Tous les ans, le 15 août ( que les Italiens appellent Ferragosto et qui est chez eux une véritable institution) marque le début de la fin de cette parenthèse avec le traditionnel plateau de fruits de mer, suivi le lendemain de mon retour chez moi, et de la reprise de mes différentes activités. J’en suis toujours à la fois heureuse, et triste.

Heureuse parce qu’après mes périples estivaux, j’ai envie de me poser un peu, retrouver mon rythme et mon lit, et faire mon miel de tout ce que j’ai vécu. Et je suis très heureuse, ce matin, d’être devant mon ordinateur et d’écrire cet article. De reprendre le blog, les newsletters et tout ce qui va avec.

Mais triste, parce que même s’il me reste encore quelques jours de répit, rentrer chez moi signifie que l’été touche à sa fin et que la rentrée s’annonce. L’été en septembre, même s’il me réserve encore de belles choses, ce n’est plus pareil.

Les Japonais appellent Nagori cette nostalgie de la saison qui s’achève, et à vrai dire je ne la ressens que pour l’été, alors même que je sais que comme les autres, il reviendra. Mais je guette les dernières fois, chacune pouvant l’être : la dernière salade caprese avec les seules tomates qui méritent ce nom, celles du jardin. Le dernier capuccino en terrasse et la dernière nuit la fenêtre ouverte (là où je vis, il arrive certaines années que le temps se mette à la pluie dès la dernière semaine d’août, et ne s’améliore plus jusqu’au printemps). Le dernier après-midi à lire sur le bacon. La dernière journée en robe légère.

Je grapille toutes ces belles choses qui me nourrissent et élèvent mes vibrations, espérant toujours en avoir assez fait de provisions pour tenir jusqu’au printemps. J’essaie de garder les bonnes habitudes qui me donnent de la joie et l’impression d’être toujours en vacances : boire des capuccino en terrasse, faire le marché. Je cuisine des plats au bon goût d’été et je les congèle, pour les ressortir au cœur des saisons sombres. Je fais des albums photos. Je réactualise ma décoration.

Et je prévois mes prochains voyages. Il y aura sans doute quelques week-ends à Paris, je sais (a priori) où j’irai en juillet, mais je me prévois aussi une jolie petite fugue en février, dans un endroit qui me fait complètement sortir de ma zone de confort et c’est tant mieux.

Tout cela dans l’espoir de mieux appréhender l’automne et surtout l’hiver…

Et vous, y a-t-il une saison que vous aimez tellement que sa fin vous rend nostalgique ?

4 réponses à « Quand vient la fin de l’été… »

  1. Avatar de lizagrece
    lizagrece

    Moi aussi j’aime l’été et j.’ai la chance d’ habiter un pays dans lequel il est très long

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    1. Avatar de Caroline Doudet

      Parfois, je songe à déménager au Portugal. Je ne le ferai sans doute pas, mais enfin l’idée me traverse parfois…

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  2. Avatar de La plume et la page

    Au contraire je ne suis pas vraiment nostalgique de l’été même si j’aime bien ralentir un peu pendant cette période, et notamment au mois d’août. Faire des projets à long terme est en effet une bonne façon de ne pas se laisser happer par les saisons sombres… Se garder des petits rituels comme le Capuccino, les visites d’expo pour s’évader du quotidien c’est capital!

    Bonne rentrée Caroline! en espérant que ton emploi du temps au boulot ne sera pas décousu qu’il te permettra de continuer des activités extra-professionnelles.

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    1. Avatar de Caroline Doudet

      Pour l’instant ça va, mais certaines heures sont en danger et cela m’angoisse :-/

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