A travers ces courtes rĂ©flexions ornithologiques, nous dĂ©couvrirons que ces ĂȘtres vivants peuvent en rĂ©alitĂ© se rĂ©vĂ©ler de petits maĂźtres Ă penser : ils nous amĂšnent Ă rĂ©flĂ©chir sur nous-mĂȘmes, pour peu que nous nous donnions la peine de les observer â nous qui pensions pourtant ĂȘtre au sommet de l’Ă©volution, autoproclamĂ©s « maĂźtres du monde » ! En effet, au tamis des multiples Ă©tudes scientifiques autant que sociologiques et comportementales, mais aussi des symboles littĂ©raires et mythologiques qu’ils incarnent depuis la nuit des temps, les oiseaux ne pourraient-ils pas se prĂ©senter comme un miroir sans concession d’homo sapiens ? Et si nous prenions le temps de mĂ©diter sur ce que ces animaux ailĂ©s ont Ă nous apprendre ? Dans leur vie sociale, leur façon de sĂ©duire, leur parentalitĂ© ou mĂȘme leur maniĂšre de se laver ?
J’aime infiniment les oiseaux, me rĂ©veiller avec leur chant lorsque je dors la fenĂȘtre ouverte, les observer le soir danser dans les airs ou se rĂ©unir sur le toit des immeubles d’en face dans une assemblĂ©e cuicuitante (et je me demande bien ce qu’ils se racontent) ou manger les graines que je leur mets sur le balcon. Voir les grues monter vers le nord me met en joie, quand leur trajet retour me serre le cĆur d’une infinie tristesse. Je leur parle. Bref : j’aime les oiseaux et j’Ă©tais curieuse, aprĂšs les leçons philosophiques proposĂ©es par la mer, de voir ce que les oiseaux nous enseignent sur la vie.
En vingt-deux courts chapitres les auteurs nous invitent donc Ă penser avec les oiseaux : accepter la fragilitĂ© en soi, partager la charge mentale dans le couple, suivre le rythme de la nature, retrouver le sens de l’orientation, trouver sa dĂ©finition de la famille, savoir ce qu’est le courage, apprendre Ă aimer, vivre intensĂ©ment, contribuer Ă la beautĂ© du monde, vivre sa libertĂ©, ĂȘtre fidĂšle ou non, se montrer curieux et audacieux, voyager, ĂȘtre gai etc.
Evidemment, les mĆurs des oiseaux sont trĂšs diffĂ©rentes d’une variĂ©tĂ© Ă l’autre : certains sont strictement monogames quand d’autres sont de vĂ©ritables coureurs de « jupons », on a de trĂšs bons parents lorsque le coucou laisse les autres s’occuper de ses Ćufs, certains voyagent et d’autres non… cet essai est donc, d’abord, une occasion d’en apprendre plus sur nos amis ailĂ©s et leurs us et coutumes, notamment en matiĂšre d’amour, de couple et de sĂ©duction, sujet qui revient plusieurs fois, et en cela je l’ai trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant. Je suis un peu moins enthousiaste sur les « leçons » : certains chapitres m’ont interrogĂ©e et fait rĂ©flĂ©chir, d’autres m’ont un petit peu agacĂ©e car j’ai trouvĂ© les auteurs parfois un peu moralisateurs (voire rĂ©actionnaires) et pontifiants, ce que je trouve un peu dommage.
Petite philosophie des oiseaux (lien affilié)
Philippe J. DUBOIS et Elise ROUSSEAU
La MartiniĂšre, 2018









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