Journal d’une fiancée, d’Anaïs Nin : la naissance de l’amour

Je ne veux écrire sur rien d’autre. D’une certaine façon, je sens que c’est un sujet digne de mériter tout mon intérêt, mon adoration, mon entière dévotion. Je suis même fière d’être portée par lui, à tel point que tout le reste me paraît sans importance. C’est vrai, j’ai souvent écrit que le jour où je serais appelée à jouer un rôle dans la Vie, je devrais avant tout me montrer Femme. Et aujourd’hui j’écris, je travaille, mais avant tout je suis une femme et mon cœur et mon âme sont perdus dans les merveilles de l’amour, car c’est de l’amour que je parle, bien sûr.

Deuxième volume du Journal d’Anaïs Nin, inclus dans les Journaux de jeunesse, le Journal d’une fiancée (titre prémonitoire, donné avant même de savoir ce qui allait se passer) et va de l’été 1920 à février 1923, la veille de son mariage avec Hugo Guiler.

C’est une étape importante dans sa vie, puisqu’elle rencontre son mari, découvre l’amour, continue à écrire, et travaille en posant pour des peintre. La jeune femme est en train d’éclore.

Un volume particulièrement intéressant donc dans le parcours d’Anaïs Nin, qui devient femme grâce au sentiment amoureux, qui a été finalement la grande préoccupation de toute sa vie. L’amour pour Hugo naît et grandit au fil des pages, comme toute amoureuse elle se retrouve sur des montagnes russes, et c’est d’autant plus intéressant qu’elle écrit dans le mouvement de son âme, sans connaître la fin que nous connaissons. Et dans ce volume, elle est, enfin, pleinement dans la vie alors qu’avant elle ne faisait que l’observer : elle écrit moins, mais c’est plus dense et intense.

Bien sûr, elle reste une jeune fille naïve de son époque, encore très prude et aux idées bien arrêtées sur la place des femmes, ce qui peut être agaçant (mais à remettre dans le contexte), et sa mère est de plus en plus possessive et toxique, ce qui donne quelques passages assez stupéfiants.

Un volume encore une fois d’une grande richesse, dont je ne me lasse pas de relever des citations sur l’amour, sur l’écriture, sur la pensée tant cela me nourrit. Vraiment il faut lire les journaux d’Anaïs Nin !

Journaux de jeunesse (1914-1931) / II. Journal d’une fiancée (1920-1923) (lien affilié)
Anaïs NIN
Traduit de l’anglais par Béatrice Commengé
Stock, 2010

3 réponses à « Journal d’une fiancée, d’Anaïs Nin : la naissance de l’amour »

  1. […] plongée dans les Journaux d’Anaïs Nin, je me rends compte que sa vie à elle a bien cette direction, entièrement orientée vers ce qui […]

  2. […] ai mis du temps, avec ce troisième volume des journaux de jeunesse d’Anaïs Nin. Plusieurs raisons à cela, et la première est que la lecture n’en est pas […]

  3. […] me suis replongée dans les Journaux d’Anaïs Nin, et ce changement m’amuse beaucoup, d’ailleurs. J’en suis arrivée à la période […]

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