Mon inconscient et ses gros sabots

Pour Jung, il est nécessaire de prendre en compte l’inconscient, de dialoguer avec lui, afin qu’il ne se manifeste pas sur un mode conflictuel. Ecouter ce qu’il a à nous dire est donc fondamental, et en ce moment, je trouve le mien particulièrement bavard, et très peu subtil.

Les actes manqués

L’acte manqué est une action a priori involontaire, mais qui serait en fait l’expression d’une volonté inconsciente. Plus qu’une maladresse, il témoigne de ce que nous voulons vraiment. Ce que je veux vraiment, somme toute, je le sais, et n’est pas du tout inconscient, mais au cas où ça ne serait pas suffisamment clair, mon inconscient le met en évidence sous cette forme, et notamment de nombreux oublis : j’oublie mes clés et mon badge (je ne peux donc pas entrer à mon travail), et l’autre jour j’ai carrément oublié mon sac. Parce que je n’ai vraiment pas envie d’y aller, ce n’est pas ou plus aligné, ce n’est plus ma place, mais je me force (pour des raisons bassement pécuniaires) et mon inconscient me montre que non, vraiment, ce n’est plus possible de me maltraiter comme cela.

Les problèmes physiques

J’ai déjà parlé plusieurs fois de l’influence que l’inconscient pouvait avoir sur le corps et le déclenchement de certaines maladies ou douleurs, notamment lorsque je m’étais écrasé le doigt dans une porte (ce qui était d’ailleurs aussi un acte manqué). Et là, je suis face à deux problèmes clairement psychosomatiques cette fois, que je suis allée étudier de plus près :

  • Une douleur à l’épaule gauche, que je soupçonne d’être une capsulite (mais comme je ne trouve pas de rendez-vous chez le médecin avant le 26 septembre…) et qui se manifeste particulièrement lorsque je passe mon badge pour entrer sur le parking du travail (le reste du temps, ça va) : ce mouvement précis est extrêmement douloureux. Il s’agit d’une inflammation, qui peut se manifester lorsqu’on trouve une situation injuste, et que cela génère de la colère, notamment dans le cadre de notre travail. On se sent empêché, entravé dans ce qu’on voudrait vraiment faire. On ne s’autorise pas à faire le mouvement qu’on voudrait faire pour prendre son envol, on est bloqué.
  • De l’eczéma dans les mains. Encore une inflammation, due au stress, et qui montre la souffrance de ne pas pouvoir faire ce qu’on aime, l’obligation de faire quelque chose qui ne nous convient pas, l’absence de motivation pour réaliser certaines tâches qui ne nous correspondent pas.

Je crois que c’est clair, mais j’aimerais beaucoup que mon inconscient n’aille pas prochainement m’inventer une nouvelle inflammation.

Les rêves

C’est le mode d’expression préféré de mon inconscient depuis toujours, et il s’en donne à cœur joie niveau inventivité, au point de me laisser souvent perplexe au matin. Alors passe sur les rêves habituels de déménagement, d’être prisonnière et de m’enfuir, d’avoir une chambre complètement envahie de vieux machins du passé qui tout à coup disparaissent pour laisser place à quelque chose d’aéré et propre : c’est assez clair.

Mais dernièrement j’ai fait deux rêves qui m’ont vraiment mise mal à l’aise. Dans le premier, j’avais une petite fille avec un individu tristement célèbre et complètement toqué (je ne vous dit pas qui, par souci de dignité, et heureusement que je ne suis pas freudienne) ; dans l’autre, toujours un individu célèbre et tristement toqué mais pas le même : comme j’étais son ennemie, il voulait me tuer, il m’enlevait, je cherchais à fuir mais je me rendais compte que petit à petit il devenait gentil, parce qu’il était amoureux de moi. Je vous la fait courte car c’était un « Grand rêve », de ces rêves particulièrement longs, scénarisés, et dont on se souvient très clairement au réveil. J’ai fait ce rêve la veille de mon anniversaire.

Ma première réaction a été de demander à mon inconscient si ça allait bien tout de même, de me faire rêver à quelques nuits d’intervalle de ces deux abominables individus et de me faire avoir des relations charnelles avec eux : il n’y avait pas mieux, non ? Heureusement, comme je lisais à ce moment-là le recueil d’essais de Jung sur l’inconscient collectif, j’ai fini par débrouiller les messages, qui sont de l’ordre de la résolution des conflits entre le Moi et l’ombre (l’Animus et l’Anima, et ici particulièrement l’Animus toxique), et l’archétype du Soi, qui se manifeste sous la forme de personnalités éminentes (même si je maintiens qu’il aurait pu trouver mieux, question personnalités éminentes).

Bref, mon inconscient me parle beaucoup, et j’aime assurément dialoguer avec lui, même si je trouve qu’il manque parfois de délicatesse et de subtilité. Et je me demande si c’est positif, au sens où je suis ouverte à ses messages et qu’il n’a donc pas besoin de trop les déguiser, ou bien si c’est négatif, et que cela signifie qu’il est obligé de prendre de gros sabots pour que je comprenne ! En tout cas, la bonne nouvelle, c’est que mon inconscient est d’accord avec ma conscience : certaines choses doivent changer. Mais il a tendance à être beaucoup plus impulsif !

7 réponses à « Mon inconscient et ses gros sabots »

  1. Avatar de Phrenssynnes

    “Tant que vous n’aurez pas rendu l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous appellerez cela le destin.”
    Carl Gustav Jung
    Donc, bon travail et continue!

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  2. Avatar de Miss Zen

    Je suis très intéressée par ce que tu racontes sur l’épaule gauche : pareil chez moi. Ton interprétation me semble tout à fait justifiée……

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  3. Avatar de La plume et la page

    C’est vrai qu’avec le recul nos rêves veulent nous dire quelque chose. Ca me fait penser que le dernier dont je me souviens, c’était avec une collègue de travail (celle qui m’a poussé à consulter mon médecin). On se trouvait dans une pièce (une chambre car il y avait un lit) où il y avait deux fenêtres et l’une d’elle avait les volets fermés. Et je me suis dit tout de suite, c’est trop sombre ici, il faut laisser entrer la lumière. Et je nous revois après monter un escalier en colimaçon qui menait vers la lumière… Je cherche le bout du tunnel, je cherche la lumière, c’est certain.

    Notre inconscient a le chic pour nous rappeler sans cesse ce vers quoi nous devons aller mais pour lequel nous hésitons à tout lâcher…

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  4. Avatar de Mes 12 questionnements obsessionnels – Caroline Doudet

    […] toujours beaucoup communiqué avec mon inconscient, souvent clair et direct, mais je ne sais pas toujours quoi faire de ses informations, et je crois […]

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  5. Avatar de Connaissez-vous votre Grandaddy power period ? – Caroline Doudet

    […] mon inconscient m’a fait passer l’autre nuit le message que j’étais prête pour ces […]

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