Les lieux où l’on voyage, et ceux où l’on ne voyage pas

Lorsque j’avais écrit ma série d’article sur le voyage solo, j’avais accordé une importance particulière au choix de la destination. Les lieux qui nous appellent en disent beaucoup sur nous.

Pour ma part, je reste viscéralement attachée à l’Europe, et ma liste de désirs de voyages (qui est même une liste de voyages futurs) est européanocentrée. Il y a, bien sûr, en haut de la liste, l’Italie, que j’aime follement, où j’essaie de me rendre une année sur deux, et qui est ma destination de juillet, avec une escapade dans les Pouilles. Le Portugal arrive non loin derrière, j’irai sans doute l’an prochain, histoire de pratiquer la langue. L’Espagne, bien sûr, et quelques pays que je n’ai pas encore vus mais qui m’attirent irrésistiblement : la Grèce, Malte, l’Albanie, la Moldavie. Quelques destinations me tentent en dehors de l’Europe : le Maroc, la Turquie.

On voit nettement se dessiner un schéma : le sud, la mer, le soleil. Et une certaine proximité géographique.

C’est, pour le moment, contextuel : je ne voyage pas autant que je voudrais à cause de mon travail alimentaire, et je privilégie donc les destinations dont je sais qu’elles combleront parfaitement mes besoins en termes de recharge des batteries. J’aimerais visiter l’Europe du Nord, et notamment la Scandinavie, mais je ne veux pas la visiter en été, car je ne veux pas gaspiller un seul jour de chaleur, et les voyages que j’ai faits dans les pays plus au nord (Amsterdam, Bruxelles, Vienne) ont été partiellement gâchés par la météo, et je n’y ai donc pas trouvé mon compte. Notez que je n’irai pas non plus en Scandinavie l’hiver, car il fait trop froid. Ce qui complique les choses.

D’autres problèmes contextuels m’éloignent de destinations qui pourraient m’attirer, mais pas en ce moment, dans la situation présente, même si j’avais tout le temps, l’argent et les possibilités de voyager. Les Etats-Unis, en ce moment, c’est un grand non, alors que j’adorerais voir New-York et la Californie.

Ce n’est pas très grave car la liste de mes destinations privilégiées est assez longue pour me satisfaire amplement pour le moment.

D’autant que je crois fermement que, si une destination nous appelle, c’est qu’elle a des choses à nous apprendre sur nous. L’an dernier, je me suis retrouvée en Croatie un peu par hasard au départ, mais ce voyage m’a permis une véritable révolution intérieure. J’ai découvert de nouvelles choses en moi, que je ne connaissais pas et qui ne demandaient qu’à sortir dans la lumière.

Pourtant, il y a bien un point aveugle dans cette réflexion : une fois que l’on a fait la liste des endroits où on veut aller, des endroits où l’on voudrait aller si les circonstances s’améliorent, pourquoi ne pas faire la liste des endroits où l’on ne veut absolument pas aller ? Pas pour des raisons de coûts, de confort, de politique ou de sécurité, mais pour des raisons mystérieuses. Des raisons que l’on ne s’explique pas.

Que disent de nous les destinations où l’on n’envisagerait absolument pas de se rendre, même dans des conditions idéales ?

La plupart des gens qui aiment voyager (et la plupart des gens tout court, d’ailleurs) sont fascinés par le Japon. Beaucoup de gens rêvent de cette destination, économisent des mois pour pouvoir y aller et en reviennent émerveillés. Si on m’offrait le voyage tous frais payés, évidemment, j’irais, par curiosité, et aussi parce que je considérerais que l’Univers veut que j’y aille malgré mes résistances, mais sans plus d’enthousiasme que ça, et il est assez probable que je ne me ruinerai pas pour faire ce voyage. Cette destination ne m’attire pas (et d’ailleurs, l’Asie en général n’éveille pas tellement mon intérêt), et je n’arrive pas à savoir pourquoi. Récemment, Jessica Troisfontaine a consacré deux éditions de sa newsletter à son voyage au Japon et des raisons de voyager au pays du soleil levant, comme on dit. Mais rien ne me fait vibrer. Outre le fait que je n’apprécie pas spécialement la gastronomie japonaise, j’ai l’impression bizarre qu’au Japon, je me sentirais écrasée et entravée. Curieuse sensation que le corps qui dit « non » à cette hypothèse même pas posée d’un voyage au Japon.

Ce n’est pas très grave, je le sais bien, il y a tant de merveilles à voir dans le monde et en Europe, et pourtant, je me demande quelle est cette part de moi qui refuse de sortir de l’ombre, et qui résiste.

Et vous, est-ce qu’il y a des destinations pour lesquelles votre corps vous dit un grand « non » ?

2 réponses à « Les lieux où l’on voyage, et ceux où l’on ne voyage pas »

  1. Avatar de lizagrece
    lizagrece

    J’ai été au Japon – à Tokyo – et jamais je ne me suis sentie oppressée y compris dans le métro oû j’ai toujours voyagé assise, contrairement au métro parisien oû nous sommes souvent serrés comme des sardines. Les chaussées et les trottoirs sont très larges et permettent de marcher sans se cogner. Les Japonais sont silencieux et les endroits publics très calmes. J’ai même été frapp♪0e par le silence

    1. Avatar de Caroline Doudet

      En fait, c’est la discipline qui m’oppresserait ! Moi j’aime la pagaille du sud !

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Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

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