Alchimie de l’amour, de Lisette Thooft

Chaque relation amoureuse s’apparente à un processus alchimique. Notre tentative de faire un avec notre partenaire ne nous laisse pas indemnes, elle initie en nous une transformation. La relation, comprise comme un tout, est un nouvel élément qui aspire à la perfection, pour nous hisser à un niveau supérieur. C’est la raison spirituelle pour laquelle nous avons des relations amoureuses.

Je ne sais pas pourquoi l’autre jour j’ai eu subitement envie de travailler sur le couple en tant que phénomène alchimique, et pour ces recherches j’ai sélectionné deux ouvrages : un premier dont je ne parlerai pas car je l’ai trouvé plutôt mauvais, et celui-ci, qui est un peu meilleur même si je n’ai pas toujours été convaincue par toutes les prises de positions.

L’idée est ici d’envisager les aspects spirituels de l’amour, comment il nous fait grandir, à travers le prisme de l’alchimie, qui vise à transformer le plomb en or, de manière matérielle certes, mais surtout, de manière symbolique et métaphorique. Or, pour effectuer cette transformation, nous avons besoin de l’autre : la métamorphose alchimique suppose l’union des contraires, et les polarités masculine et féminine sont parmi les contraires les plus fondamentaux. Il s’agit donc d’un échange : le partenaire masculin développe sa polarité féminine, et inversement (on parle bien de polarité, et non de sexe ou de genre, même si cela peut correspondre).

La relation amoureuse est donc la materia prima du processus alchimique, et les réactions se produisent lorsqu’il y a « friction », c’est à dire lorsqu’on s’affronte, et c’est comme cela qu’on est transformé (qu’on le veuille ou non) et que notre plomb est alchimisé : du côté féminin, c’est le dragon, la force sexuelle féminine originelle qui se cache au fond de nous, un désir de contrôle et de possession, et du côté masculin, c’est une revendication de liberté où les émotions sont absentes : le robot. Chacun va donc se transformer au contact de l’autre :

Les alchimistes avancent que l’objectif ultime — le développement simultané de la liberté et de l’amour — ne peut être atteint que par une inversion des contraires, qu’ils appellent conversio oppositorum. L’homme se transforme à l’aide du féminin et la femme entame une métamorphose au contact du masculin.

Les conflits sont donc là pour nous apprendre à connaître notre contraire, afin que chacun puisse faire siennes les qualités de l’autre, grâce à l’effet miroir. Un processus qui a besoin de temps, qui se déroule en spirale, en suivant les étapes alchimiques, et demande une grande force d’amour.

J’ai toujours dit (et considéré) que le couple était le plus puissant creuset de transformation, pas seulement spirituelle d’ailleurs. Et je pensais donc que la métaphore de l’alchimie conviendrait parfaitement à ce que j’essaie de décrire dans certains de mes textes, mais en lisant cet essai j’ai tout de même eu un doute. Ce qui m’a dérangée, ce n’est pas le principe de l’inversion des contraires, mais son application, que j’ai trouvée trop rigide, d’autant que les descriptions du « dragon » et du « robot » sont un peu caricaturales et mal pensées.

Je suis donc moyennement convaincue, il faudra que je développe mes recherches car je reste persuadée qu’il y a quelque chose de fondamental à trouver, mais cet essai reste un peu trop en surface. Après, je pense que le but de l’autrice n’était pas de tout dire sur le sujet. Néanmoins, je suis un peu restée sur ma faim.

Alchimie de l’amour (lien affilié)
Lisette THOOFT
Traduit du néerlandais par Sébastien Renard
La bibliothèque Happinez, 2017

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