Le cap 40

Le cap 40

L’an dernier, j’ai eu 39 ans, et j’avais l’impression que je pouvais conquérir le monde. Honnêtement, j’abordais la dernière ligne droite avant la quarantaine avec toute la sérénité possible (et dans un appartement tout beau). J’imaginais que tout se passerait bien, et que la crise de la quarantaine était un mythe auquel j’échapperais, puisque j’avais fait des choix et que ma vie me convenait telle qu’elle était. Croyais-je.

En fait, j’aurais dû me méfier de cette sérénité : c’était, réellement, le calme avant la tempête.

Parce que, depuis quelques semaines, je la sens passer, la middle life crisisJ’ai l’impression que tout s’écroule autour de moi comme un château de cartes. Pour mieux reconstruire ? Je l’espère.

Mais pour l’instant, c’est quand même l’impression de ruine qui domine. Je remets en cause tous les aspects de ma vie, et c’est forcément compliqué. Je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose d’essentiel qui manquait. Et que ce que je tenais pour essentiel ne l’était pas.

J’ai donc l’impression de me retrouver dans une essoreuse à salade émotionnelle (c’est pire qu’un ascenseur, l’essoreuse à salade). Parce que ce n’est pas si simple de tout changer. Parce que pour certaines choses il est sans doute trop tard. Pour d’autres non, mais cela reste compliqué quand même, parce qu’à 40 ans, on a un passé, on ne vit pas les choses de la même manière, on est méfiant, on a peur d’avoir mal.

Ce qui était bien la raison pour laquelle j’avais renoncé, d’ailleurs. Ne plus avoir mal. Ne plus me retrouver au fond d’un abîme à me rendre compte que certaines choses m’étaient visiblement interdites, et que j’aurais beau me battre de toutes mes forces, ça ne fonctionnerait jamais, et que même en faisant les choses différemment, j’aboutirais toujours au même résultat.

J’ai envie de tout changer.

Changer de boulot : ces dernières années, j’ai été relativement bien, mais le fait est que depuis cette année je ne le suis plus. D’une part j’ai de plus en plus l’impression d’être arrivée au bout d’un cycle et de ne plus rien avoir à faire là où je suis, impression confirmée par certains événements et certaines attitudes. Evidemment, de toute façon je le sais depuis toujours : ma vie, c’est l’écriture, d’une manière ou d’une autre, et il faudra bien qu’à un moment cela se concrétise.

Déménager, mais cette fois pas pour l’appartement d’à côté : changer d’appartement était nécessaire pour virer les fantômes qui vivaient dans l’autre et faire place nette, mais c’est comme pour le boulot, cela va faire 13 ans que je vis à Orléans, je savais dès le départ que ça ne serait jamais « chez moi », que ce serait transitoire (bon, du transitoire long, de fait) et qu’un jour je partirais ailleurs ; où ? J’attends un signe du destin, même si j’ai ma petite idée (qui n’est pas Paris : j’aime toujours cette ville d’amour même si nos relations se sont distendues ces derniers temps, c’est d’ailleurs avec elle que je fête la date fatidique, mais je préfère que cela reste une liaison : j’ai de plus en plus envie de vivre au calme).

Et puis, le reste. J’ai toujours été farouchement attachée à mon indépendance et à ma liberté : je le suis toujours et ça ne changera pas, c’est comme ça que je me suis construite ; mais aujourd’hui je ne vois plus cela comme incompatible avec le fait de construire et d’avancer avec quelqu’un, mais je crois bien que ce dernier point est le plus compliqué à mettre en place dans mon plan de changement de vie, alors qu’il est je crois à l’origine de tout (ou au moins le révélateur).

Oui, j’ai envie de tout changer, mais je ne suis pas non plus du genre à tout plaquer et tout envoyer promener (je suis parfois impulsive, mais je me soigne). Si ça se trouve, l’an prochain j’en serai toujours au même point, ou je serai revenue en arrière, la crise passée. Qui sait ?

En tout cas, j’espère vraiment du renouveau avec ce passage dans la deuxième partie de ma vie, le début d’un nouveau cycle, qui correspond en plus avec l’arrivée du printemps.

Et normalement, dès la semaine prochaine je devrais être à nouveau plus présente ici, parce que le blog reste essentiel, ça ça ne change pas (mais le fait est que je suis un peu engloutie dans Paul Auster, dont le dernier roman m’émerveille mais qui est une brique et que j’ai envie de savourer).

43 réponses à « Le cap 40 »

  1. Avatar de Chaani Atréïdes
    Chaani Atréïdes

    On en est exactement au même stade.
    Dans mes bras!

  2. Avatar de la plume et la page

    Joyeux anniversaire Caroline! Profite bien! Eclate toi à Paris.
    (Ce que tu me dis de la crise de la quarantaine ne me rassure pas… Mais j’ai déjà pas mal morflé pendant la 38ème… Même si cette année n’a pas apporté beaucoup de changements.)

  3. Avatar de framboise
    framboise

    le meilleur épicétou <3
    et des bises surtout
    pour ce Joyeux You
    (uhhhhhh suis pas bien réveillée encore ! )

  4. Avatar de Mark in Mayenne
    Mark in Mayenne

    Jouyeux anniversaire, et bonne chance.

  5. Avatar de Goran

    Jouyeux anniversaire !

  6. Avatar de Sophie Adriansen

    Joyeux anniversaire Caroline !
    The best is yet to come ✨✨✨

  7. Avatar de Bérengère Loire-Isère
    Bérengère Loire-Isère

    Bon anniversaire Caroline. ce post est très émouvant.
    De mon côté je viens d’avoir 39 ans. Quelques mois auparavant j’ai appris que j’avais un cancer. Depuis, ma vie a pris un autre sens.
    Bises et bon anniversaire

  8. Avatar de Maud Van den Brande

    Heureux anniversaire et je vous souhaite à chaque moment présent de chaque jour de savourer la joie d’être.
    Et je vous remercie pour vos chroniques si sensibles et intelligentes, à votre image sans doute

  9. Avatar de Miss Zen

    Joyeux anniversaire. Tu verras c’est pas si terrible la quarantaine (à part les cheveux gris) – c’est dans cette dizaine que j’ai réalisé bien des envies et eu le courage de quitter ce qui ne me convenait plus – j’espère revivre la même chose au passage de la prochaine dizaine…..

  10. Avatar de Magali

    Joyeux anniversaire! En te lisant je m’arme de courage pour l’année prochaine…

  11. Avatar de keisha41

    Les quarantièmes rugissants? Accroche toi. ^_^
    Cela mouline dans la tête, beurk Orleans je n’aurais pas supporté (sauf la proximité avec paris, que je t’envie)(mais pas paris, hein!). Puis bien réfléchir si tu ne veux pas passer ta vie dans les transports, et le calme aussi ça compte; Plus caser l’écriture, et des trucs plus perso que je devine. Courage!
    Tu me connais, donc tu sais que j’ai (hum, largement) passé le cap, figure toi que des surprises sont possibles après (même si j’avoue avoir été si bien dans mes baskets à ce moment là que je n’ai pas ressenti le passage)

  12. Avatar de Karine:)

    Bon anniversaire! Et les grands bouleversements, aussi durs soient-ils, sont souvent le prérequis à quelque chose de mieux! Bisous xx

  13. Avatar de Enna

    Bon anniversaire et bonnes réflexions!

  14. Avatar de Bernieshoot
    Bernieshoot

    Joyeux Anniversaire Caroline,
    le passage de chaque dizaine est un cap, des chapitres de vie peut-être.

  15. Avatar de voyageauboutdemeslivres

    Joyeux Anniversaire ! Il faut que tu vives ce retournement existentiel comme une chance d’aller vers l’essentiel et le bonheur.

  16. Avatar de saxaoul
    saxaoul

    Joyeux anniversaire Caroline ! Je te souhaite de trouver ton chemin.

  17. Avatar de Mumu dans le bocage

    Orléans mon ancienne ville pendant beaucoup d’années où je ne me suis jamais sentie chez moi (native de Paris)…..

  18. Avatar de Catherine de Saint Maurice
    Catherine de Saint Maurice

    Très bon anniversaire Caroline et je vous souhaite aussi un excellent week-end parisien!

  19. Avatar de Sylire

    Bon anniversaire et bonne réflexion. Le temps passe vite. Profite bien de tes quarante ans. Le cap des 50 n’est pas simple non plus.

  20. Avatar de Mind The Gap

    Ben ce que tu dis sur les élèves est en effet étonnant et confirme peut être la crise de la quarantaine. Pas facile de ne pas se mettre en quarantaine de soi-même. Je te souhaite le meilleur quoi qu’il en soit , et notamment pour l’écriture !

  21. Avatar de NiDr
    NiDr

    merci pour ce partage. J’ai 37 ans. J’attends le pied ferme…
    mon passage préféré:  » ils sont au contraire et pour la première fois de ma vie mon pilier et ma joie (je n’aurais jamais cru pouvoir écrire ça un jour, mais c’est le signe que j’ai résolu quelque chose qui était sans doute la raison inconsciente pour laquelle j’ai choisi ce métier) »…

    il n’est pas exclu que d’ici peu je m’y reconnaisse.
    je le garde en mémoire, comme un tissu coloré, si d’aventure tout devenait gris d’ici trois ans.

    Franck
    https://mindfulair.wordpress.com/

  22. […] c’est que vous n’êtes franchement pas très attentifs) : il y a quelques semaines j’ai eu 40 ans, et ce cap s’accompagne d’une très très belle middle-life crisis, dont je pensais que […]

  23. […] d’enfants et à ce que j’en avais fait (je pense qu’on a là un des effets de la crise de la quarantaine, ne nous leurrons-pas). La question centrale, évidemment, était de savoir ce que la petite fille […]

  24. […] que cette envie inédite de savoir d’où viennent mes ancêtres est un nouvel effet de ma middle-life crisis dont je me demande bien jusqu’où elle va m’emmener. Reste qu’en bonne […]

  25. […] en pleines interrogations existentielles (j’y reviendrai) et dans mes recherches sur le féminin, je suis tombée l’autre jour […]

  26. […] j’ai « visualisé » certaines choses) que j’étais enfin arrivée au sommet de la montagne que je gravissais depuis des mois et dont j’avais la pénible impression que plus […]

  27. […] notre intérieur. Lorsque je m’y suis installée presque le jour de mes 39 ans (vous voyez le symbole ?), c’était une page blanche, et tout était à imaginer : déménager, faire des plans, […]

  28. […] secousses, de tsunami émotionnel et existentiel. Je suis toujours dans les turbulences de ma mid-life crisis, j’ai admis l’évidence que depuis des années je me voilais la face et que non, […]

  29. […] d’avoir 42 ans, que d’ailleurs je ne les fait pas, et que pourtant je les ai. Que depuis deux ans j’ai traversé une tempête, dont j’ai enfin l’impression de sortir : je suis […]

  30. […] de dire qu’en ce moment, je me sens en pleine crise existentielle. Vous savez, cette fameuse crise de la quarantaine qui, chez moi, a décidé de s’éterniser puisqu’elle dure depuis 5 ans (et dire que […]

  31. […] à mes rêves d’enfants et à ce que j’en avais fait (je pense qu’on a là un des effets de la crise de la quarantaine, ne nous […]

  32. […] que cette envie inédite de savoir d’où viennent mes ancêtres est un nouvel effet de ma middle-life crisis dont je me demande bien jusqu’où elle va m’emmener. Reste qu’en bonne […]

  33. […] en pleines interrogations existentielles (j’y reviendrai) et dans mes recherches sur le féminin, je suis tombée l’autre jour […]

  34. […] notre intérieur. Lorsque je m’y suis installée presque le jour de mes 39 ans (vous voyez le symbole ?), c’était une page blanche, et tout était à imaginer : déménager, faire des plans, […]

  35. […] secousses, de tsunami émotionnel et existentiel. Je suis toujours dans les turbulences de ma mid-life crisis, j’ai admis l’évidence que depuis des années je me voilais la face et que non, […]

  36. […] y a un an, j’écrivais sur la crise de la quarantaine, sur cette impression de fin de cycle, les besoins de changements, et je me demandais où […]

  37. […] comme une autre, finalement ? C’est compliqué ma vie. J’ai l’impression que ma middle-life crisis est partie pour durer tout le reste de mon existence. Mais quand j’ai vu passer ce petit […]

  38. […] d’avoir 42 ans, que d’ailleurs je ne les fait pas, et que pourtant je les ai. Que depuis deux ans j’ai traversé une tempête, dont j’ai enfin l’impression de sortir : je suis […]

  39. […] puis sont venus les temps plus compliqués. La crise de la quarantaine. Une période que j’identifie à la carte de la Tour dans le Tarot : tout ce qui est faux […]

  40. […] suivi de nombreux bouleversements : déménagement, prises de conscience, révolution spirituelle, crise de la quarantaine […]

  41. […] travail, je le mène depuis 2017 et mon entrée dans la quarantaine et la crise liée, qui m’a fait prendre conscience qu’il fallait que je change des choses dans ma vie. […]

  42. […] plutôt vers la fin d’ailleurs puisqu’elle est venue me percuter de plein fouet l’année de mes quarante ans (pour une fois, je n’étais pas en […]

Laisser un commentaire

Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

Bienvenue sur mon site d’autrice et de blogueuse lifestyle. Ici, je partage avec vous mes actualités, mes réflexions, mes lectures, mes voyages, et ma manière poétique d’habiter le monde !

En savoir plus sur Caroline Doudet

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture