La nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler / Eyes wide shut de Stanley Kubrick

Rêve et réalité

Maintenant, j’espère que nous sommes bien réveillés, et pour une très longue période.

La Traumnovelle est à l’origine une nouvelle d’Arthur Schnitzler, que j’ai étudiée lorsque je passais l’agrégation, dans le cadre du programme de littérature comparée « fiction de l’intime« . Une nouvelle au titre bien mystérieux, dont aucune traduction en français n’est réellement satisfaisante : Rien qu’un rêve, La Nouvelle rêvée…

L’histoire est celle de Fridolin/Florestan (le nom n’est pas le même selon les traductions), un médecin viennois appelé une nuit au chevet d’un de ses patients, et qui se retrouvera entraîné dans une étrange cérémonie orgiaque… rêve, réalité, on ne sait pas bien où s’achève l’un et où commence l’autre dans cette exploration fantasmatique…

Transposition

De cette nouvelle, Stanley Kubrick a tiré un film grandiose, Eyes wide shut, qui plus qu’une adaptation est une transposition, une réécriture de la nouvelle de Schnitzler, dans le New-York contemporain.

La trame est la même, mais Kubrick a poussé l’idée à son paroxysme, en révélant toutes les possibilités et virtualités, donnant une épaisseur plus grandes aux personnages, et notamment au personnage féminin. C’est pour cela que je préfère le film, d’autant que la scène d’orgie est magistrale, et me donne la chair de poule à chaque fois.

Reste le choix des acteurs : le couple (?) Kidman-Cruise, alors uni à la ville. Je dois dire que je n’ai jamais aimé Tom Cruise, qui selon moi a autant de charisme qu’une table basse (et encore, pas la mienne, qui est fort jolie) et dont je n’ai jamais compris les passions qu’il suscite. Et dans ce film, je trouve qu’il est totalement écrasé par sa femme, qui atteint là un degré de présence et de sensualité qu’elle a malheureusement un peu perdu depuis. C’est un peu dommage, car les scènes fortes entre les deux personnages tombent un peu à plat, d’autant qu’on sent bien la distance entre les deux acteurs, à croire qu’ils n’ont jamais fait l’amour de leur vie, et ensemble encore moins (il paraît que Kubrick s’en arrachait les cheveux).

Ceci étant dit, cela reste un film magistral, à voir et à revoir…

La nouvelle rêvée (lien affilié)
Arthur SCHNITZLER

Eyes wide Shut
Stanley KUBRICK

10 réponses à “La nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler / Eyes wide shut de Stanley Kubrick”

  1. […] dans ce film, hormis l’histoire elle-même, c’est Nicole Kidman. J’ai déjà dit combien je la trouvais fascinante. Mais là, elle parvient, dans ce film, à ce miracle absolu de jouer une bigote, habillée comme […]

  2. […] d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser, par moments, à la scène de la soirée dans Eyes Wide Shut de Kubrick. Et si je dis ça, ce n’est pas seulement à cause des masques vénitiens dont […]

  3. […] n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser, par moments, à la scène de la soirée dans Eyes Wide Shut de […]

  4. […] n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser, par moments, à la scène de la soirée dans Eyes Wide Shut de […]

  5. […] mais je ne sais pas, j’ai été prise d’une impulsion subite, j’avais envie de Schnitzler, de Zweig, de Klimt surtout. Par contre je ne suis pas une adepte de Sissi, même si pour mes 20 […]

  6. […] d’abord été tentée, de manière somme toute logique, par la littérature autrichienne, Schnitzler ou Zweig. Mais je ne sais pas pourquoi, rien ne m’inspirait, rien ne faisait tilt. Et puis […]

  7. […] j’ai vu l’affiche (qui évidemment rappelle la scène la plus mythique d’Eyes wide shut), le sujet (une société secrète), j’ai été très intriguée, d’autant que […]

  8. […] elle-même, c’est Nicole Kidman. J’ai déjà dit combien je la trouvais fascinante. Mais là, elle parvient, dans ce film, à ce miracle absolu de jouer une bigote, habillée comme […]

  9. […] d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser, par moments, à la scène de la soirée dans Eyes Wide Shut de Kubrick. Et si je dis ça, ce n’est pas seulement à cause des masques vénitiens dont sont parés […]

  10. […] mais je ne sais pas, j’ai été prise d’une impulsion subite, j’avais envie de Schnitzler, de Zweig, de Klimt […]

Répondre à Les Autres, d’Alejandro Amenabar | Cultur'elleAnnuler la réponse.

Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

Bienvenue sur mon site d’autrice et de blogueuse lifestyle. Ici, je partage avec vous mes actualités, mes réflexions, mes lectures, mes voyages, et ma manière poétique d’habiter le monde !

En savoir plus sur Caroline Doudet

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture