L’Ecriture du désir de Belinda Cannone : la littérature et le monde

Il me semble qu’on n’a pas assez dit comment l’activité d’écrire s’enracine dans le désir, dont elle est une des manifestations essentielles. Le même élan qui me tire du lit chaque matin m’assoit devant mon ordinateur, me fait ouvrir un livre.
Parce que ce désir majuscule, élan des forces de vie, parcelle de l’énergie cosmique, se concentre particulièrement dans le désir sensuel et dans l’amour, s’y donne à voir dans son aspect le plus concentré, le plus beau, cet essai entrelacera la narration du désir qui meut l’écrivain, à des réflexions sur le désir érotique ; il essaiera de dire le désir de connaître que les romans manifestent, et qui nourrit la lecture. Ce qui compose l’étrange et sinueux tracé de la littérature et de notre existence. 

C’est donc cet essai que je cherchais l’autre jour lorsque je suis tombée, magie de la sérendipité, sur son homonyme, qui m’a d’ailleurs particulièrement ravie. Un essai sur l’écriture et le désir érotique : il était évident qu’il était pour moi.

Le désir ici, loin d’être considéré comme manque, absence, est vu au contraire comme élan vital, volonté d’embrasser le monde, de l’habiter pleinement. Ecrire est l’une des manifestations essentielles de ce désir — tout comme la pulsion érotique.

J’ai rarement lu quelque chose d’aussi lumineux, d’aussi fulgurant que cet essai plein de poésie entrelaçant subtilement la question de la création littéraire et celle de la sensualité.

Et pourtant, j’en ai lu, des essais, sur la question, mais j’ai été totalement cueillie par la manière dont Belinda Cannone, en s’appuyant sur de très nombreuses références, pose la question du rapport entre la littérature et le monde, et montre comment l’écriture est désir de savoir (libido sciendi), de poser des questions sur le monde, et que le roman porte une vision particulière et originale du monde à laquelle nous cherchons à accéder en lisant. Et en aimant.

Un essai qui, finalement, m’a beaucoup nourrie bien qu’il soit plutôt court (c’est pour cela que je parle de « fulgurance » : tout est dit, sans longueurs inessentielles) : je le conseille vivement à tous ceux qu’intéresse la question de la création, du monde, de la lecture, et de l’eros.

L’écriture du désir (lien affilié)
Belinda CANNONE
Calmann-Levy, 2001/2012, édition augmentée Folio Gallimard, 2012

11 réponses à « L’Ecriture du désir de Belinda Cannone : la littérature et le monde »

  1. Avatar de Tonie Chronique

    Très belle présentation, ça rend curieux !

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  2. Avatar de coupsdecoeurgeraldine

    S’il cet essai est court, comme tu le précises, pourquoi pas… Car sinon, je ne suis pas trop « essai » !

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  3. Avatar de lorouge

    Il est sur ma LAL et tu me donne trop envie de me le procurer très vite. C’est vraiment une autrice que j’ai envie de découvrir depuis longtemps ^0^

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  4. Avatar de lorouge

    Et j’ai toujours pensé qu’écrire est une pulsion très « animale », Françoise Lefèvre en parle elle aussi (d’ailleurs je crois que c’est une autrice qui te plairait).

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    1. Avatar de Caroline Doudet

      je note alors, merci !

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  5. Avatar de Stephie
    Stephie

    Interéssant, merci pour ce partage 😉

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  6. Avatar de Petit éloge du désir, de Belinda Cannone : ce qui nous rend vivants – Cultur'elle

    […] janvier, j’avais été totalement cueillie par le petit essai de Belinda Cannone, L’Ecriture du désir, et très logiquement j’ai eu envie de suivre le fil de ses textes sur le sujet […]

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  7. […] L’écriture du désir de Belinda Cannone chez l’Irrégulière, […]

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  8. Avatar de Lire écrire jouir, de Camille Moreau : quand le texte se fait chair – Caroline Doudet

    […] parfait prolongement de l’essai de Belinda Cannone, qui est d’ailleurs souvent cité : L’Ecriture du désir (que j’ai envie de relire, […]

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  9. Avatar de Petit éloge du désir, de Belinda Cannone : ce qui nous rend vivants – Caroline Doudet

    […] janvier, j’avais été totalement cueillie par le petit essai de Belinda Cannone, L’Ecriture du désir, et très logiquement j’ai eu envie de suivre le fil de ses textes sur le sujet […]

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  10. Avatar de S’émerveiller, de Belinda Cannone : la vigilance poétique – Caroline Doudet

    […] que certains essais de Belinda Cannone m’ont, pour ainsi dire, émerveillée : quand elle parle du désir, c’est absolument sublime. Mais voilà, j’ai laissé passer, et puis, et puis, […]

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