D’aussi loin que je me souviens, j’ai été une solitaire contemplative : j’aime me poser, seule, et regarder le monde ou explorer mon monde extérieur. J’aime les activités solitaires : la lecture, l’écriture, la peinture à laquelle je me suis remise récemment. Il faut dire que, enfant unique, j’ai très tôt appris à m’occuper par moi-même, sans attendre des autres qu’ils m’aident à me distraire.
Je vis seule. Ce n’est pas réellement un choix, mais c’est comme ça et je n’en souffre pas au sens où vivre seule ne me fait pas peur, je ne me sens pas esseulée, je ne m’ennuie pas et je ne cherche pas absolument à être en couple.
De temps en temps (exagération : très rarement) je rencontre cependant un homme qui me donne envie de partager ma vie avec lui. Vraiment envie. Plutôt des solitaires contemplatifs d’ailleurs.
Mais je n’ai pas besoin de partager ma vie avec quelqu’un (même si lorsque je suis amoureuse la solitude me pèse) : c’est eux précisément que je veux, et si ça ne fonctionne pas (ça ne fonctionne pas) je ne me mets pas en quête du suivant (j’en serais incapable : je mets une éternité à désaimer) : j’attends qu’il me tombe dessus. Ou non.
Je voyage seule. Parce qu’à un moment je me suis dit que si je ne le faisais pas seule, et bien je ne voyagerais jamais. Les gens ne comprennent pas toujours. Beaucoup n’en voient pas l’intérêt. Moi si : être à l’étranger seule, il me semble que cela me permet de mieux me fondre dans la ville. Et d’en profiter autrement. A mon rythme. Faire des choses qui ont du sens pour moi.
Parfois je me dis que si ça se trouve, si j’étais en couple, je garderais cette habitude de mon petit city-trip annuel en solitaire (mais si ça se trouve non, j’aurais envie qu’Il soit là).
Et je n’ai aucun problème à manger seule au restaurant. Et c’est amusant parce que j’ai l’impression que c’est le truc qui résiste le plus chez les gens : manger seul à l’extérieur. Manger un sandwich en marchant dans la rue, d’accord, mais demander une table, s’installer, ils ont l’impression qu’ils se sentiraient désœuvrés et observés avec pitié.
Mauvais souvenirs d’enfance peut-être : lorsqu’on mangeait seul à la cantine c’était souvent que personne n’avait voulu s’asseoir avec nous ; ça m’est arrivé puisqu’à une époque j’ai vécu des choses que je qualifierais de harcèlement, et manger toute seule était alors vécu comme un supplice.
Mais aujourd’hui manger seule au restaurant ne me pose aucun problème car ce n’est pas parce que personne n’a voulu manger avec moi. Cette semaine, comme je travaillais dans le centre historique, j’en ai profité pour tester plusieurs terrasses lors de ma pause déjeuner. Je ne vois pas pourquoi j’aurais dû me contenter d’un truc sur le pouce alors que tant de bonnes choses et de bons vins me tendaient les bras (oui, même toute seule je vais dans de bons endroits et je prends un verre de vin).
Je ne suis pas une sauvage (enfin pas complètement), j’aime aussi partager des moments avec les autres. Mais je ne vis pas la solitude comme une torture.
Et vous ? La solitude vous plaît ou vous fait peur ?









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