Oui, dans la vie, je classe tout : les gens, les objets, les événements, les couleurs… En deux catégories : paire ou impaire.
Ça s’apparente à de la synesthésie. Certains associent des éléments à des couleurs — lundi bleu, mars rose —, parfois même à des odeurs. Pour moi, c’est pair ou impair.
Dans la case paire, il y a tout ce qui est réconfortant : les livres, le printemps, ma fille (je précise : ma fille à l’âge adulte ; lorsqu’elle était bébé, elle était impaire, car, oui, ça peut changer), le sable chaud sous les pieds, les films en noir et blanc…
J’avais acheté ce roman dans l’idée de l’emporter avec moi en Italie, attendu qu’il se déroule dans les Pouilles, près de Bari, et que j’aime infiniment, quand je suis en voyage, lire des romans qui se déroulent sur place. C’était aussi l’occasion de découvrir enfin les romans de Serena Giuliano, aux titres fleurant bon la chanson populaire italienne. Mais comme on le voit, je n’ai pas pu attendre avant de me plonger dans l’ambiance italienne, et ce roman m’a servi d’apéritif. De fait, c’est une lecture idéale pour se plonger dans l’été, ou, de mon côté, pour se détendre avec une lecture légère et réconfortante comme des bulles de prosecco.
Gloria et sa fille Iris, aussi différentes que le jour et la nuit, tiennent une maison d’hôtes près de Bari, dans les Pouilles, et chaque semaine elles accueillent un nouveau groupe de clients. La semaine qui commence avec le roman voit donc débarquer Gregorio, un insatisfait hors catégorie, Valentina et sa filleule Bianca, dont la maman est morte, Carla, qui a fait vœu de silence pour la semaine, et Doria et Edoardo, un couple qui semble cacher des secrets.
La villa Gloria est vraiment un endroit parfait pour passer des vacances et se ressourcer, tant le lieu est plein d’amour, et chacun , au cours de cette semaine va, sinon se transformer, du moins se régénérer (sauf Gregorio, et j’ai d’ailleurs trouvé son arc narratif un peu regrettable). Et c’est ce que j’ai préféré dans le roman : la profondeur des personnages, qui ont tous des plaies, des bosses, des fêlures, et une histoire à raconter. Gloria elle-même est un personnage fantasque et exubérant, haut en couleurs, auquel je me suis beaucoup attachée, parce qu’elle cache très bien ses faiblesses et sa vulnérabilité. Mais tous ces personnages méritent un roman pour eux, et j’ai acheté Felicita, roman dans lequel nous est racontée l’histoire de Valentina. Je n’ai pas trouvé les autres et j’espère que c’est en projet parce qu’encore une fois, j’ai très envie d’en savoir plus sur Gregorio (vous savez que j’aime le trope « mais pourquoi sont-ils si méchants ?).
En tout cas, voici un roman doudou, un feelgood sans prétentions mais qui donne le sourire : on s’y sent bien, comme en Italie. Il donne envie de prendre le premier avion pour les Pouilles, mais comme j’y serai bientôt ce n’est pas un problème ! Et c’est, de manière générale, un roman parfait pour mettre dans sa valise de l’été !
Villa Gloria (lien affilié)
Serena GIULIANO
Rober Laffont, 2025 (Livre de Poche, 2026)









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