La Prêtresse d’Avalon, de Marion Zimmer Bradley et Diana L. Paxton

Je suis le croissant qui couronne le ciel,
Je suis le soleil qui scintille sur la vague
Et la brise qui courbe l’herbe nouvelle.
Aucun homme ne m’a jamais possédée,
Pourtant je suis l’aboutissement de tout désir.
Chasseresse et Sainte sagesse je suis,
Souffle de l’inspiration, et Dame des Fleurs.
Regarde dans l’eau et tu verras mon visage
S’y refléter, car tu m’appartiens.

J’ai une histoire particulière avec le cycle d’Avalon. J’ai découvert les deux premiers tomes, Les Dames du Lac et Les Brumes d’Avalon, à l’adolescence, et depuis je les relis régulièrement, tant j’ai l’impression d’y retrouver un bout de mon histoire et de mon âme, et je sais qu’ils ont profondément imprégné ma vision païenne du monde. J’ai également lu plusieurs fois le troisième tome Le Secret d’Avalon, qui m’a tout autant marquée, et si vous avez lu Les Cinq leçons de Socrates Knight vous avez peut-être noté l’influence. Et pourtant, je n’avais jamais poursuivi ma lecture du cycle. Ce que je ne m’explique pas, tout comme je ne m’explique pas d’ailleurs pourquoi, sur une impulsion, j’ai décidé en juin que je le lirais pendant l’été, et comme mon été s’et avéré un peu mouvementé, finalement je n’ai lu que celui-ci.

Le roman s’inspire d’Hélène, la mère de l’empereur Constantin, dont on sait finalement peu de choses, et le peu qu’on en sait est probablement passé au filtre de la propagande chrétienne. Les faits se situent à peu près en même temps que la deuxième partie des Secrets d’Avalon, et avant Les Dames du Lac.

Eilan est issue d’une union rituelle entre Rian, la dame d’Avalon, et Coelius, un prince de Grande-Bretagne. Sa mère étant morte en lui donnant naissance, elle est éduquée chez son père, avant de revenir à Avalon lorsqu’elle a 10 ans, et d’y être initiée aux anciens mystères et à la religion de la Déesse : si l’île est déjà dans la brume, elle n’est pas encore coupée du monde, et la spiritualité d’Avalon est encore puissante et respectée. Elle devient prêtresse, mais son destin bascule lorsqu’elle rencontre Constance, un officier romain promis à un destin brillant selon les prophétie, et dont Avalon souhaite s’assurer la loyauté.

Pour tout dire, j’ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur ce roman, et c’est pour cela que, finalement, je n’ai guère avancé sur mon projet de finir de lire le cycle (il me reste deux tomes). Et ce n’est même pas que je n’ai pas aimé. C’est plus complexe.

Comme pour le reste des romans du cycle, je venais y chercher une représentation précise, vraie et vivifiante du paganisme, de l’ancienne religion de la Déesse et de ses rites, de la puissance féminine, qui fait toujours naître chez moi de grandes prises de conscience et inspirations (c’est la raison pour laquelle je relis régulièrement les deux premiers tomes). Même si ces représentations sont des reconstitutions de rites dont on ne sait finalement pas grand chose, et qu’il s’agit de toute façon de fantasy, j’ai toujours trouvé qu’ils vibraient de façon juste. Et, sur la question, le début m’a enchantée, tout comme certains passages très puissants et inspirants sur le divin, à certains moments.

Néanmoins, l’essentiel du roman se déroule en dehors d’Avalon, dans un monde romain en mutation, entre l’instabilité impériale et le passage du christianisme de religion persécutée à religion dominante puis elle-même persécutrice, et ce grâce à Constantin, le fils d’Hélène, un personnage que je ne porte pas dans mon cœur on s’en doute (et d’ailleurs, il est assez antipathique dans le roman). Et il y a finalement plus de politique et de luttes de pouvoir que de spiritualité. Alors que le choix de Constance, qui préfère le hochet du pouvoir à l’amour qui le lie à Ailan, aurait pu être creusé, et de manière générale l’aveuglement des hommes, qui prennent pour essentiel des bibelots qui les détourne de ce qui est réellement essentiel, l’amour.

J’ai trouvé qu’au final, cela manquait de souffle, de vision : certes, Hélène est une figure de femme puissante, mais j’ai trouvé le roman moins féministe que les autres, et on s’éloigne trop d’Avalon, même si ce basculement est essentiel pour le reste du cycle. Que je lirai peut-être bientôt, peut-être l’été prochain, on verra.

La Prêtresse d’Avalon (lien affilié)
Marion Zimmer Bradley et Diana L. Paxton
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Monique Lebailly et Edith Ochs
Editions du Rocher, 2001

Laisser un commentaire

Je suis Caroline !

Portrait plan américain d'une femme châtain ; ses bras sont appuyés sur une table et sa maingauche est près de son visage ; une bibliothèque dans le fond

Bienvenue sur mon site d’autrice et de blogueuse lifestyle. Ici, je partage avec vous mes actualités, mes réflexions, mes lectures, mes voyages, et ma manière poétique d’habiter le monde !

En savoir plus sur Caroline Doudet

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture