Cela faisait deux ans que je désirais aller à Bari et dans les Pouilles, et me fondre dans l’ambiance de l’Italie du Sud. Pas de suspens : j’ai adoré ce séjour, et la destination correspondait parfaitement à mon désir, ces dernières années, d’accorder visites culturelles, écriture (encore que pas tant que ça cette année) et plage. Tout ce dont j’ai besoin pour me régénérer.
J’ai aussi pas mal bougé autour de la ville, plus que d’habitude : Monopoli et Polignano a mare, dont nous parlerons dans des articles dédiés, et Alberobello, dont je ne parlerai pas car cette journée était loupée.
Je repasserai sans doute un jour à Bari. Le fait est que, j’en ai acquis la conviction, le meilleur moyen de visiter les Pouilles, c’est le road trip, et c’est ce que je ferai un jour afin de découvrir d’autres villes que je n’ai pas vues : Bari est le parfait point de départ pour un tel projet. Pour l’heure, j’ai passé une semaine dans cette ville, et c’était formidable. Bari est telle que je l’imaginais, et telle que j’imagine les villes de l’Italie du sud : bruyante, authentique, vibrante, vivante.
Voici donc ce que j’en dirais et vous conseillerais :
Les essentiels
Les transports
– On peut se rendre à Bari de multiples manières : le train, la voiture, le bus, ou l’avion. J’avais choisi ce dernier. L’aéroport de Bari est assez grand et bien organisé, pas très loin de la ville. Ce que j’ai trouvé compliqué c’est qu’il n’y avait pas beaucoup de liaisons directes avec la France et peu de choix en termes de compagnies aériennes : une fois exclues celles avec qui je ne voyage pas, il ne restait qu’Air France avec un départ de Roissy, et seulement deux rotations, soit tôt le matin, soit le soir. J’ai choisi le matin pour ne pas perdre une journée.
– Pour le transport entre l’aéroport et le logement, j’avais une nouvelle fois choisi une navette privée, qui fait désormais partie des services additionnels de Airbnb : c’est un peu cher, mais tant pis, cela m’évite de traîner la valise et de m’épuiser pour rien, et de me perdre (il faut que j’écrive un article sur cette question de se perdre parce que vraiment, c’est lunaire). Bon j’avoue que j’aime bien le truc de sortir de l’aéroport et d’avoir un gars qui m’attend avec une étiquette à mon nom, je trouve cela classe. Mais d’après ce que je sais, le trajet peut se faire assez facilement en train ou en bus.
– Le reste du temps, j’ai surtout marché puisque c’est comme ça qu’on découvre une ville. J’ai un peu pris le bus pour raccourcir la distance entre l’appartement et le centre : les bus sont plutôt fiables et les tickets s’achètent facilement via une application (c’est plus cher si on achète au chauffeur). J’ai pris le train pour sortir de la ville, on en reparlera. Et j’ai aussi pris des taxis et des Uber, parfois un peu cher ai-je trouvé.
Le logement
Je privilégie désormais, dans mes recherches, la proximité immédiate de la plage, et c’est pour cette raison que j’ai choisi l’appartement que j’ai réservé à Maria toujours sur Airbnb. Il avait des défauts, en tout cas sur le papier : pas de climatisation, quartier pas très engageant sur streetview, et chemin de fer sous la fenêtre.
Mais : à 100m littéralement de la plage. Au final, j’ai adoré cet appartement : il était traversant et l’air y circulait pas mal, il était extrêmement bien décoré, et les trains ne m’ont dérangée que la première nuit (et la proximité de la gare s’est révélée un avantage aussi). Et surtout : l’hôte était la plus merveilleuse qu’il m’ait été donné d’avoir, et pourtant le couple de Dubrovnik l’an dernier avait mis la barre très haut et j’ai de toute façon toujours tiré de bons numéros. Mais là : j’ai pu récupérer l’appartement dès mon arrivée le samedi matin à 10h, et le conserver jusqu’à mon départ pour l’aéroport le samedi suivant à 15h, ce qui s’est révélé d’un confort absolu ; en outre je n’ai jamais vu autant de choses à disposition dans un airbnb.
Bref : une pépite, dont je peux vous donner l’adresse en privé si vous voulez.
Les températures, le terrain, les vêtements et les chaussures
On s’en doute : dans les Pouilles, il fait chaud. Mais pour tout dire, j’ai eu moins chaud que si j’étais restée en France : d’abord parce que lorsque j’y suis allée, il n’y avait pas de dôme de chaleur, ce qui fait que cela montait moins haut en journée, et descendait bien la nuit. Ensuite parce que comme beaucoup de ville du sud, Bari est globalement une ville une ville construite pour la chaleur, et les rues restent pas mal aérées, notamment grâce à la proximité de la mer.
Néanmoins il fait chaud. Avec le temps mes tenues sont de mieux en mieux pensées, et mes robes en coton étaient parfaites, je tournais avec deux que je lavais et séchais en une heure (j’en avais plus mais j’ai privilégié les deux qui avaient des poches, parce que c’était plus pratique : c’est la fameuse basic Amazon*, que j’ai en bleu marine normale et en blanc dans la version avec un petit volant et franchement, je rêve qu’ils fassent d’autres couleurs plus dans mon style tellement je la trouve parfaite).
La vieille ville est très pavée, évidemment, mais le dénivelé n’est pas énorme. J’ai tout fait en Bensimon et en sandales.
L’argent
J’ai trouvé que Bari était une destination plutôt économique dans l’ensemble. Les transports publics sont raisonnables, les prix dans les supermarchés ne m’ont pas effrayée, j’ai pu déjeuner dans de très bons restaurants pour des sommes que je juge honnêtes, et j’ai aussi trouvé beaucoup de streetfood très bonne et économique. Il n’y a que les Spritz que j’ai parfois payés un peu cher.
La langue
C’est ma fierté : à partir du moment où j’ai posé le pied à l’aéroport et jusqu’à mon départ, je n’ai pas parlé d’autre langue que l’italien, même lorsque mes interlocuteurs passaient à l’anglais. En fait je sais qu’ils le font par politesse et gentillesse, pour vous faciliter la vie, mais je me débrouille suffisamment pour ne plus en avoir besoin sauf de manière très très ponctuelle. De manière générale, vous pourrez tout de même parler anglais, mais attention, pas toujours (j’imagine néanmoins qu’on finit par s’en sortir). Vous croiserez de toute façon beaucoup de Français. Ils sont partout.
La foule
Bari en soi est moyennement touristique : il y a du monde, évidemment, mais on est loin des flots de touristes que l’on peut trouver dans d’autres destinations. Néanmoins, c’est un lieu de passage pour aller visiter les Pouilles, et pour prendre le ferry, certains points peuvent donc être bondés à l’occasion, notamment la vieille ville basse, et il peut y avoir la queue pour manger. Ailleurs, je n’ai pas eu trop de problèmes, à part à la plage mais c’était surtout d’Italiens qu’elle était bondée, on en parle plus bas.
Que voir, que faire, que visiter à Bari ?
Je ne sais pas trop pourquoi, cette année, je n’avais pas tellement envie de visites culturelles en tant que telles, de musées, de châteaux et autres, et j’en ai donc fait somme toute assez peu. Je ne pense pas, du reste, que Bari soit une ville pour ça : c’est une ville de mer et de lumières, elle est elle-même son propre musée, et elle en propose somme toute assez peu. L’essentiel à faire à Bari est donc de se promener au gré de ses envies, notamment sur le front de mer et dans la vieille ville.
Arpenter le lungomare
Le front de mer de Bari, ou lungomare, est un des impératifs et je ne vois de toute façon pas comment le louper. La promenade est agréable, aérée, on peut s’asseoir pour contempler la mer. Les points de vue sont fabuleux. Pour ma part, je l’ai fait en partant de la plage Pane e Pomodoro, puisque c’est là qu’était mon appartement, en remontant le lungomare Araldo di Crollalanza vers le vieux port où je suis d’ailleurs allée plusieurs fois tant j’ai trouvé l’endroit beau et typique, avec les vieux messieurs qui jouent aux cartes en chantant Ti Amo, le marché aux poissons (on en reparle plus bas), la vue fabuleuse sur le Teatro Margherita. Puis j’ai pris les murailles qui font le tour de la vieille ville, jusqu’au port moderne. Evidemment, on n’est pas obligé de tout faire en une fois.







Se perdre dans Bari Vecchia
De fait, j’ai l’impression qu’il existe deux vieilles villes à Bari : celle du haut, autour des remparts, dans laquelle j’ai adoré déambuler au hasard, quitte parfois à me retrouver dans une cour privée (personne ne m’a jamais houspillée pour ça). Là, les vieux messieurs jouent aux cartes en buvant une bière, les vieilles dames discutent sur le pas de leur porte. Il faut y aller le dimanche : ça embaume la lessive, les draps pendent aux fenêtres ou sèchent sur les étendoirs installés dans la rue. Cela sent le basilic, aussi, car il y en a un pot devant chaque maison. Ici très peu de cafés, encore moins de boutiques, mais, partout, des petites niches votives consacrées à Marie ou à un saint.
Et puis, il y a ce qui ressemble davantage à un parc d’attraction pour touristes, dont j’ai l’impression qu’on essaie de les cantonner dans quelques rues ornées de panneaux accueillants, de bars et restaurants, boutiques de souvenirs et j’en passe. C’est là que se trouve la via arco basso, autrement nommée « via delle orecchiette« . Si vous avez vu des images de Bari vous n’avez pas pu les louper : des vieilles dames qui passent leurs journées à fabriquer à la main ces pâtes en forme de petites oreilles typiques de Bari. Alors oui, j’ai trouvé ça amusant mais j’ai surtout trouvé cela très faux et mis en scène. Et attention : les orecchiette qui sont vendues là ne sont pas celles qu’elles fabriquent (pour des raisons d’hygiène et de sécurité alimentaire).
Ma conclusion : ne pas hésiter à errer au hasard et à sortir de la zone balisée pour les touristes.














Admirer les quartiers Murat et Madonella
A Bari, les touristes se contentent souvent de la vieille ville, certes magnifique, mais il serait dommage de ne pas aussi se promener ailleurs. Le quartier Murat est le quartier commerçant, avec de très belles boutiques et une architecture Art Déco fabuleuse. Le quartier Madonella mérite aussi un détour, là aussi pour l’architecture.










Visiter le musée archéologique de Santa Scolastica
Comme je suis une inconditionnelle des musées archéologiques, celui-ci était évidemment sur ma liste, et j’y ai pris beaucoup de plaisir : beaucoup de très belles choses à voir, mais surtout un parti-pris muséographique original et intéressant, qui consiste non seulement à mettre en avant les trésors, mais aussi la recherches archéologique elle-même, et les réserves. En outre, ce n’est pas un musée très fréquenté, en tout cas le jour où j’y suis allée, et on peut donc s’y promener dans le calme.






Admirer les œuvres de la pinacothèque Corrado Giaquinto
Je mets ce petit musée dans ma liste parce que je pense qu’il vaut vraiment la peine d’être visité, mais pour ma part cela a été un gros loupé. Il faisait très chaud ce jour-là, et je me suis dit que j’allais donc y passer pour me rafraîchir, attendu que pour moi, il est impératif qu’un musée qui abrite des œuvres anciennes et fragiles soit doté de la climatisation. Ce n’est pas le cas : il fait 53° dans les salles tout juste aérées par de pauvres ventilateurs minuscules, et pour couronner le tout on m’avait obligée à laisser mon sac à main à la consigne et je n’avais donc même pas de quoi boire : j’ai donc dû visiter à grande vitesse avant de faire un malaise. Tout cela m’a mise assez en colère je dois dire, et pour les conditions de visite, et pour les conditions de conservation, je ne comprends même pas que ce musée ait le droit de garder des œuvres extraordinaires dont il n’est pris aucun soin. L’autre chose qui m’a dérangée est que les œuvres sont exposées sans véritable principe organisateur, aucune logique dans l’accrochage, aucune explication. Et encore une fois c’est très dommage, car il y a de fabuleuses peintures et sculptures à admirer. Si vous allez à Bari hors été, n’hésitez-pas à y faire un tour, mais je déconseille vraiment s’il fait chaud !





S’extasier au Teatro Petruzelli
Le théâtre Petruzzelli est le plus grand théâtre privé d’Italie. C’est une petite merveille, malheureusement détruite en 1991 et reconstruite par la suite. Si vous avez l’occasion, n’hésitez pas à faire une visite guidée du lieu, c’est absolument passionnant en plus d’être un régal pour les yeux.








Aller à la plage et profiter du coucher de soleil
La plage Pane e Pomodoro de Bari est une plage publique, ce qui est appréciable en Italie (j’adore l’Italie, mais leur gestion des plages me met hors de moi). Elle est très propre, surveillée en journée, et pourvue de casiers, toilettes et petite restauration. Par contre elle est assez petite, et elle est donc bondée du matin au soir. Et je ne parle pas ici des touristes (pas seulement) mais bien des locaux, qui en ont fait un véritable lieu de vie, et ils y passent leurs journées de tôt le matin à tard le soir. Et les Italiens à la plage, c’est une expérience sociologique à ne pas louper.
Pour ma part j’ai choisi d’y aller uniquement le soir : j’y partais vers 19h, lorsqu’il commençait à faire un peu moins chaud, et même là j’avais parfois un peu de mal à trouver un petit coin pour mettre mes affaires au bord de l’eau. Et je me baignais jusqu’à bien après le coucher du soleil, tout en pique-niquant. Et ces moments étaient fabuleux : être dans l’eau était merveilleux, le coucher du soleil sur la vieille ville est exceptionnel, et j’ai toujours trouvé de délicieuses petites choses à manger !








Où se restaurer à Bari ?
Boire un cappuccino
C’est ma grosse déception : les cappuccino n’étaient pas extraordinaires sur le plan visuel (lorsque je suis en Italie, je m’attends à avoir un dessin sur mon cappuccino, c’est la base). J’ai trouvé des endroits sympathiques, mais rien ne m’a véritablement enchantée, à part Dama Italian Bakery, Via melo da Bari : un excellent cappuccino avec un joli dessin, et un croissant à la pistache fabuleux. Dommage que la terrasse ne soit pas extrêmement agréable. Sinon, j’ai bien aimé MercantileNove, piazza Mercantile : la terrasse est agréable et calme, mais le cappuccino n’a pas de dessin.


Prendre l’aperitivo
EnoMezcla, Lungomare Araldo di Crollalanza : c’est a priori un bar à vin, mais ils font aussi des cocktails, ils ont un aperitivo déjà constitué, varié et copieux, auquel on eut ajouter d’autres petits amuse-bouche. Et la vue sur la mer est très agréable.

Pour déjeuner ou dîner :
- Buo – Crudo, cotto e mangiato : c’est là que j’ai déjeuné le jour de mon arrivée, à deux pas de l’appartement et donc de la plage. L’endroit met en avant une cuisine simple à base de produits frais, et notamment les légumes, avec une carte très largement végétarienne et végane. J’y ai dégusté des pâtes faites maison aux courgettes et c’était excellent. La décoration est très jolie et soignée.
- Le nicchie, vico Corsioli : situé dans la vieille ville, l’endroit propose là encore une cuisine traditionnelle typique des Pouilles comme les orecchiette et les fruits de mer. J’y ai choisi un mix de friture qui était excellent et en dessert une torta della nonna fabuleuse.
- N’derr’A La Lanze : ce n’est pas vraiment un restaurant et c’est pourtant mon gros coup de cœur. Sur le marché au poisson, on vous prépare une petite assiette avec ce que vous voulez (j’ai pris des huîtres et des oursins), vous vous asseyez sur les marches et vous dégustez votre assiette comme ça. Et c’est merveilleux : un de mes plus beaux souvenirs de la semaine.







Pour une gourmandise
Je n’ai pas testé la Gelateria Gentile, a priori la plus réputée de Bari, mais j’ai dégusté une très bonne glace à la Gelateria Gasperini sur le Corso Cavour. Pour la curiosité locale, les tette delle nonne, on en trouve pour tous les goûts al gusto di Puglia, via Fragigena : le truc est un peu beauf, on est d’accord, mais c’est très très bon.



L’adresse inclassable
Lattenatura Apulian Food se situe en face de la plage. On peut y manger, mais on peut surtout y acheter de quoi pique-niquer : d’excellentes puccie, foccacie, et autres finger food délicieuse. Ils vendent aussi quelques fruits, des glaces, ainsi que du fromage et de la charcuterie pour vos souvenirs food.


Où et que shopper à Bari ?
- Pour la nourriture et les produits locaux, comme d’habitude mon lieu préféré reste les supermarchés, j’y ai trouvé notamment des puccie à garnir, des gâteaux et quelques autres petites choses. Je n’ai pas pris de produits frais comme la charcuterie et le fromage car il faisait très chaud et je ne rentrais pas directement chez moi, sinon j’aurais choisi Lattenatura. J’ai acheté l’huile d’olive à la boutique de l’aéroport car la boutique que j’avais repérée en ville et qui vendait de l’huile d’une ferme de la région était fermée quand j’y suis passée, et du reste ça m’arrangeait de la mettre dans mon bagage cabine. Je ne suis pour une fois pas allée à Eataly.
- Pour les jolis souvenirs pas kitsh : Spaccabari, via re Manfredi : des souvenirs artisanaux, très jolis et originaux, et notamment de magnifiques magnets.
- Pour les livres, je suis allée à la Feltrinelli, via Melo da Bari : j’aurais préféré une petite librairie mais je n’ai pas trouvé, et le fait est que j’ai pu acheter tout ce que je voulais.
- Pour les bidules rigolos, je suis passée à la boutique Legami : je ne m’étais jamais trop intéressée à cette enseigne, et j’ai eu tort, pour ceux qui aiment les stylos, les carnets, les gadgets pour écrire, c’est le Paradis, et on trouve en boutique des petites choses que je n’ai pas vues sur le net.





J’espère que cette petite visite de Bari vous a plu ! La semaine prochaine, nous irons en excursion à Monopoli. Comme d’habitude, vous pouvez retrouver l’ensemble de mes adresses (même celles que je n’ai pas pu tester parce que je ne mange pas 12 fois par jour, mais que j’avais consciencieusement sélectionnées) sur Mapstr.









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